Le phénomène Miraculous raconté par ses créateurs
SND

Le réalisateur Jeremy Zag et le producteur Aton Soumache racontent la fabrication du film dans Première.

Ce dimanche, TFX programme une soirée spéciale "Ladybug" avec deux téléfilms Miraculous diffusés à partir de 21h05. Une aventure à New York, tout d'abord, puis une autre à Shanghai.

La super-héroïne française cartonne au même moment sur grand écran : profitant de la Fête du Cinéma 2023, l'adaptation de la série à succès a attiré plus de 300 000 spectateurs en salles mercredi.

Retour sur le phénomène avec deux de ses créateurs, le réalisateur Jeremy Zag et le producteur Aton Soumache, qui racontent la fabrication du film dans Première (n°542, juillet-août 2023).


 

En passant sur grand écran, la série phénomène des cours de récré veut être l’aboutissement d’un système incarné par un homme-orchestre de l’animation : Jeremy Zag.

On entend ça tout le temps, partout : la France est incapable de faire des films de superhéros comme les Américains. Quid de Miraculous, alors ? Gageons que les fans les plus acharnés de comics ne risquent pas vraiment de l’inclure dans leur top.
Et pourtant, depuis 2015, la franchise truste l’imaginaire des gamins de primaire en distillant tous les codes des superhéros dans une formule imparable. Deux collégiens, Marinette et Adrien, deviennent Ladybug et Chat Noir grâce à des bijoux ancestraux (les miraculous) et sont chargés de défendre Paris des
akumas – humains transformés par un miraculous maléfique. Ajoutez à cela un dilemme amoureux et un Paris de carte postale, le tout avec un style qui s’inspire tout autant de Disney que des anime, et voilà un carton imparable. Une série télé vendue dans le monde entier, des spectacles musicaux, des statues au musée Grévin, des jeux vidéo, des BD… Une franchise de superhéros, une vraie, bien de chez nous.

Derrière Miraculous, il y a des hommes : Thomas Astruc, créateur de l’univers, de ses règles et des personnages, et surtout Jeremy Zag, qui réalise Miraculous : Le Film, attendu comme le Messie par la fanbase (même si deux téléfilms Miraculous ont déjà été produits, situés à New York et Shanghai). En l’occurrence, ce véritable homme-orchestre, champion de karaté et boss de son studio d’animation, a même composé la dizaine de chansons présentes dans le film.

Le producteur Aton Soumache, qui ajoute Miraculous à son CV d’anime capitalisant sur une qualité française (Renaissance, Le Petit Prince, Le Petit Nicolas : Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, le futur Marcel Pagnol de Sylvain Chomet…) ne tarit pas d’éloges sur Jeremy Zag : « C’est un metteur en scène incroyable, capable de réaliser un grand spectacle, de l’entertainment familial comme on en voit peu en France. C’est naturel chez lui. Il n’y a pas beaucoup de réalisateurs français qui écrivent des chansons pour en faire des films d’animation musicaux ! »

Zag avait une telle foi dans sa Ladybug qu’un film en live action a même failli voir le jour, dès 2017, avec Chris Columbus aux manettes. « Chris Columbus était tombé amoureux de la série, mais à l’époque, nous avions décidé de ne pas cannibaliser l’univers, nous étions concentrés sur la série. Nous avions un traitement bien développé, mais c’était trop tôt. Le live action nous emmenait vers quelque chose de plus adulte, on s’éloignait de notre public familial. »

Le phénomène Miraculous raconté par ses créateurs
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Origin story
Miraculous : Le Film est un étrange objet : une origin story qui condense les 122 épisodes de la série télé en une aventure de 90 minutes – qui ne prépare pas la saison 6, mais s’adresse clairement à une nouvelle génération de fans. « On a voulu utiliser tout ce qu’il y a de plus fort dans Miraculous pour en faire un film unique, explique Jeremy Zag. Nous voulions aussi raconter une histoire qui parle le plus simplement à tout le monde, même à ceux qui n’ont pas vu les cinq saisons de la série. Le cinéma était aussi une bonne façon de réunir les quadrants petits-enfants, enfants, parents et grands-parents. »

Aton Soumanche renchérit : « Nous avons une large communauté de fans extrêmement pointus. Et le public de la série est très varié, 60/40
filles/garçons, on est très forts sur les 4-12 ans, mais aussi sur les 15-25 ans. Il y a beaucoup d’écoute conjointe, quand les parents regardent avec les enfants. »
Mais c’est peut-être ainsi, en parlant « quadrant » et « écoute conjointe » que le Miraculous de Zag a pu conquérir le monde. Et qu’on ne dise plus qu’on ne sait pas faire de superhéros chez nous.

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