Interview de Marion Cotillard pour Annette
Abaca
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Abaca
Marion Cotillard et Adam Driver au photocall d'Annette
Abaca
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Abaca
Adam Driver au photocall d'Annette
Abaca
Leos Carax au photocall d'Annette
Abaca
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Abaca
Marion Cotillard dans Annette
UGC
Marion Cotillard et Adam Driver dans Annette
UGC
Adam Driver dans Annette
UGC
Marion Cotillard dans Annette
UGC
Interview de Marion Cotillard pour Annette
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Marion Cotillard et Adam Driver au photocall d'Annette
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Adam Driver au photocall d'Annette
Leos Carax au photocall d'Annette
Marion Cotillard au photocall d'Annette
Marion Cotillard dans Annette
Marion Cotillard et Adam Driver dans Annette
Adam Driver dans Annette
Marion Cotillard dans Annette

Marion Cotillard au photocall d'Annette

Marion Cotillard et Adam Driver au photocall d'Annette

Marion Cotillard au photocall d'Annette

Adam Driver au photocall d'Annette

Leos Carax au photocall d'Annette

Marion Cotillard au photocall d'Annette

Marion Cotillard dans Annette

Marion Cotillard et Adam Driver dans Annette

Adam Driver dans Annette

Marion Cotillard dans Annette

La comédie musicale de Leos Carax ouvrira le 74e festival de Cannes, ce soir. Pour patienter, sa star se confie dans Première.

Dans Annette, l’actrice joue une grande cantatrice prise au piège d’une relation passionnelle toxique. Pour Première, Marion Cotillard raconte sa collaboration avec Leos Carax dans cet exercice de la comédie musicale qu’elle chérit tant. Nous accompagnons cet entretien de quelques clichés du film, ainsi que du photocall qui vient de se dérouler sur la Croisette.

Aujourd'hui à Cannes : Annette en ouverture, In the Mood for Love et hommage à Jodie Foster

PREMIÈRE : Quel rapport entreteniez-vous avec le cinéma de Leos Carax avant de travailler avec lui ?
MARION COTILLARD : C’est un cinéaste qui m’a régulièrement émerveillée. Certaines scènes de ses films sont gravées en moi pour toujours, comme la danse de Denis Lavant dans Mauvais Sang. Et puis, il y a les films qui m’ont éblouie du début à la fin comme Boy meets girl ou Holly Motors. Ce que j’aime avec le cinéma de Leos Carax, c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer ni où il va nous mener, mais qu’il y aura toujours de la grâce et de la fougue.

On imagine donc votre enthousiasme quand il vous a proposé Annette…
En fait, quand il m’en a parlé pour la première fois, le projet avait déjà cinq ou six ans d’existence. On s’est rencontrés dans un café parisien. J’étais très impressionnée et il a commencé à m’expliquer qu’il s’agirait d’une comédie musicale. Or j’aime passionnément ce genre. Dans ma vie, la musique et le chant tiennent une très grande place. Nine [Rob Marshall, 2009] reste à ce jour mon plus beau souvenir de tournage et plus encore de préparation. Mais voilà, je n’étais pas disponible à ce moment-là, car j’étais enceinte et le tournage devait débuter très peu de temps après mon accouchement. J’avais déjà vécu un tel enchaînement après mon premier enfant et je ne voulais pas réitérer l’expérience. C’est évidemment déchirant de dire non à un cinéaste qu’on admire et qui tourne si peu, mais je l’ai fait sans hésitation.

Comment le film est-il revenu vers vous ?
Deux ans plus tard, le producteur Charles Gillibert m’a contactée en m’expliquant qu’il avait repris le projet qui était entretemps passé entre les mains de plusieurs producteurs et de plusieurs actrices. Sans doute parce que Leos paye une réputation injuste depuis Les Amants du Pont-Neuf. Il a été dit et écrit énormément de choses fausses à l’époque. Charles m’a donc envoyé le scénario. Sa lecture m’a bouleversée, mais là encore j’ai réservé ma réponse. Car j’avais besoin de savoir si j’allais pouvoir être crédible dans le rôle de cette chanteuse d’opéra avec aussi peu de temps de préparation devant moi. Il ne s’agissait évidemment pas d’être capable de chanter les plus grands morceaux opératiques en trois mois, mais simplement de me hisser au niveau de ce que le rôle demandait. Pour cela, j’ai eu besoin du retour d’un prof de chant avec qui j’avais déjà travaillé. Et quand il m’a donné son feu vert, j’ai accepté le rôle. Même si on a toujours au fond de soi l’espoir de devenir une chanteuse d’opéra en deux mois, ça ne m’est pas arrivé ! (Rires.)

Comment avez-vous créé ce personnage ?
Ann est un personnage complexe. Elle est ouverte, douce et généreuse, donc on ne perçoit pas spontanément sa noirceur. On a beaucoup échangé avec Leos qui m’a confié du matériel pour l’explorer et traduire ce qu’il avait envie de voir en elle. Très vite, j’ai eu la joie de découvrir qu’on partageait les mêmes inspirations. En particulier Romy Schneider. Il m’a envoyé une vidéo où on la voit interviewée avec un acteur dont elle est éprise et où on lit dans son regard tout l’amour qu’elle a pour lui. Leos avait envie de retrouver ce regard chez Ann pour Henry. Mais, au final, j’ai eu assez peu de questions à lui poser. Le scénario était limpide. Et, comme toujours chez moi, une grande partie du travail de construction de mon rôle est très solitaire. Je remplis les blancs. Je pars à la découverte d’un personnage en m’imaginant ce qu’a pu être sa vie, pourquoi il en est là quand débute le film. Ici, j’ai surtout travaillé sur le besoin de reconnaissance présent en Ann et ce qu’il provoque. C’est un des thèmes centraux du film à mes yeux. La manière dont tu vas manipuler quelqu’un, en résonance avec tes peurs. Je suis donc allée chercher l’élément déclencheur dans la petite enfance d’Ann. Mais Leos a été un partenaire de chaque instant. Car il est incroyablement impliqué à chaque étape de la préparation : le choix du moindre costume, les essais coiffure, le maquillage… Sa poésie commence à s’écrire là, de manière très concrète.

Cannes 2021: que vaut Annette, le film d'ouverture de Leos Carax ? [critique]

On a le sentiment d’un être très timide. Quel est son rapport avec les acteurs ?
On ressent d’emblée à quel point il aime les comédiens, et faire vivre à travers eux ce qu’il a mis tant d’années à vouloir raconter. Je sais que spontanément, quand on pense à Carax, on pense cérébralité, mais il y a quelque chose en lui de beaucoup plus joyeux. Il aime le grotesque, qu’il transcende et transforme en beauté. Il aime rire. J’ai souvent vu son oeil s’éclairer comme un petit garçon joyeux et surtout capable de communiquer sa joie. Après, sur le plateau, il est très calme et pas follement expressif. (Elle sourit.) Personnellement, je n’ai jamais besoin d’un enthousiasme débordant. Étant extrêmement critique envers moi-même, trop de compliments peuvent vite me paraître suspects. Mais c’est vrai que sur Annette, la première fois que j’ai vu Leos enthousiaste,
je me suis demandé si ce que j’avais fait jusque-là ne l’avait pas assez transcendé… Avant de vite chasser cette idée de ma tête. C’est en tout cas quelqu’un qui, derrière son calme apparent, vit son cinéma intensément. D’autant plus sur le plateau de ce film dont il a rêvé depuis tant d’années.

Au point d’avoir des demandes extravagantes ?
Chaque jour, j’ai été confrontée à une difficulté nouvelle. Comme chanter perchée sur des talons de 20 cm en évoluant sur un morceau de bois d’à peine 20 cm de large ! Mais il y a toujours chez moi une certaine excitation à répondre positivement à toute demande rocambolesque. Malgré tout, une fois, j’ai dit non. Je devais chanter un air d’opéra dans un costume improbable sur une surface où je risquais vraiment l’accident. J’ai donc refusé pour ma sécurité physique. Leos n’est pas le genre de cinéaste à vouloir pousser le comédien dans ses limites, à le mettre en danger. Ce n’est pas un manipulateur. Il essaie juste de traduire avec nous l’image précise qu’il a en tête et si c’est impossible, il ne force jamais. L’échange est très simple avec lui. Il a même été particulièrement généreux avec moi quand je demandais de manière, disons assez intensive, des prises supplémentaires dans un plan de travail très serré. C’est même devenu un running gag entre nous.

S’il devait rester une image de cette aventure Annette, quelle serait-elle ?
Les tournages de la scène d’ouverture et de clôture ont été des moments vraiment magiques. Ils se sont déroulés à la toute fin, à Los Angeles. L’action d’Annette se passe dans cette ville mais pour des questions de budget, on a tourné en studio. Or pour Leos, il était très important que L.A. apparaisse à l’écran. Et il faut rendre grâce aux financiers du film – dont Adam [Driver] – qui ont permis
de le faire. Il y avait quelque chose de très euphorique dans ces journées-là, renforcé par le fait qu’on était tous réunis, avec les Sparks, la fille de Leos, son chien Javelot, la plupart des collaborateurs du film… Et puis, après le tournage, j’ai adoré le travail avec la chanteuse d’opéra dont on entend la voix à l’écran, mixée avec la mienne. Il s’agissait d’un exercice vraiment très complexe pour elle car il fallait que le résultat soit moins « beau », moins performant, moins pur que la manière dont elle aurait naturellement chanté. Le but était que nos voix s’accordent. Je l’ai donc dirigée en lui détaillant et en lui transmettant les émotions que j’avais mises dans chacun de ces moments. Voir et entendre ce qu’elle m’a donné a provoqué énormément de joie en moi.

Sommaire de Premiere n°520 : Fast & Furious 9, Jean-Claude Van Damme, Kelly Reichardt, Paul Verhoeven, Cannes 2021...

Bande-annonce d'Annette :


Plus d'infos dans notre dossier spécial festival de Cannes