Affiche_Ron débloque
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Ron débloque

Bienvenue dans un futur proche où une société a créé des « B-bots », mini- robots capables de marcher et de parler que les enfants s’arrachent pour s’en faire leur meilleur ami. Un gadget devenu vite indispensable et qui exclut forcément celui qui n’a pas le sien ou qui en possède un qui dysfonctionne, comme Barney, le jeune héros collégien de ce film d’animation et Ron qui lui donne son titre.

Thierry Chèze
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Tout nous sourit

Bien qu’arpentant un terrain régulièrement visité par le cinéma français (les couples de parents en crise) avec des ingrédients de départ on ne peut plus classiques (papa, maman, trois enfants, les amants et le temps qui passe), on comprend vite que Melissa Drigeard va réussir à sortir des sentiers battus en concoctant un néo- vaudeville où le tragique pointe sur l’humour des déchirements. Avec son coscénariste Vincent Juillet, ils déjouent les pièges du genre dans un huis clos aux règlements de compte aussi surréalistes qu’explosifs.

Sophie Benamon
GALERIE
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Venom: Let there be carnage

On a pu lire un peu partout à la sortie du premier Venom qu'il s'agissait d'un des pires films de super-héros jamais vus. C'est évidemment très exagéré comme résumé : rattrapé chez soi, Venom était une origin story pas si désagréable, de dimensions modestes, qui valait surtout pour la perf rigolote, un brin maso, de Tom Hardy. C'était il y a quatre ans, il y a un siècle, il y a une éternité.

Sylvestre Picard
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Halloween kills

Le Halloween millésime 2018 était une superbe promesse. Relançant la franchise matricielle du slasher sous la houlette de Jason Blum et de Big John (Carpenter) en personne, David Gordon Green avait réussi à rendre à nouveau pertinentes les déambulations meurtrières de l’antique bogeyman Michael Myers, après 40 ans de sévices. Evitant tous les pièges de notre époque dopée aux revivals (la nostalgie, les clins d’œil, l’ironie méta), il frappait fort en revenant aux fondamentaux : simplicité, brutalité, Jamie Lee Curtis en majesté.

Frédéric Foubert
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Le Milieu de l'horizon

Un look mid-seventies un brin appuyé (voiture et chemises colorés) dans un cadre de western américain. Dans ce décor carte postale renforcé par une lumière léchée de Christophe Beaucarne, se détache le jeune héros de ce drame paysan. L’horizon en question est le sien, celui d’un bambin qui le temps d’un été verra ce que le monde adulte peut éventuellement lui apprendre. Sa maman qui en a marre de laver les débardeurs sales de son mari, tombe sous le charme de la littérature et d’une jolie intello venue de la ville.

Thomas Baurez
Le peuple loup affiche
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Le Peuple loup

La jeune Robyn n’a pas l’intention de vivre cloîtrée à la maison, à faire le ménage, pendant que son père part chasser les loups pour le compte d’un seigneur qui veut en débarrasser sa forêt. Courageuse et habile à la fronde, la jeune fille désobéit aux ordres de son paternel pour explorer la nature qui l’entoure. Elle fera la connaissance de Mebh, une étrange enfant, et pénètrera dans un monde légendaire ignoré des hommes. Après Brendan et le secret des Kells, Tomm More puise dans la source des légendes celtiques pour inventer un conte moderne et puissant.

Sophie Benamon
AFFICHE
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First cow

First Cow est le deuxième western de Kelly Reichardt après La Dernière piste en 2011. Mais là où le précédent racontait un périple, First Cow embrasse un périmètre restreint, une clairière non loin d’un village dont on ne verra que les maigres fondations. De ce territoire à peine civilisé, doit naître un nouveau monde. Cookie et King Lu sont des compagnons de fortune. L’un a le savoir-faire, l’autre, de la suite dans les idées. Ils se lancent dans le commerce de petits beignets fabriqués avec le lait de la première - et seule - vache du coin.

Thomas Baurez
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Oups ! J'ai encore raté l'arche...

Il y a six ans sortait Oups ! j’ai raté l’arche..., gentille variation animée autour du mythe de l’Arche de Noé dans laquelle Toby Genckel et Sean McCormack faisaient intervenir des créatures imaginaires, les Nestrians et les Grymps, qui s’invitaient à bord. Revoici donc le jeune Finny, animal très coloré entre l’éléphant et la pieuvre, et sa copine Leah, sorte de noble félidé, qui se retrouvent encore par-dessus bord et qui atterrissent sur une île mystérieuse.

Christophe Narbonne
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A la vie

Des récits sur la naissance, l’accouchement, on en a vu de nombreux. Ce documentaire a ceci de différent qu’il emboîte le pas d’une sage-femme lors de ses visites au domicile des femmes qui viennent de donner la vie. Entre angoisses et soucis logistiques, les accouchées se confient à Chantal Birman qui est bien souvent leur unique interlocutrice face au chamboulement de la naissance. Ce rare témoignage sur les difficiles premiers pas avec un bébé lève le tabou de la maternité forcément heureuse.

Sophie Benamon
Le Trésor du Petit Nicolas : affiche
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Le Trésor du Petit Nicolas

Reconstitution bien trop sage de la France de jadis, bonne morale finale obligatoire… Le troisième épisode des aventures du jeune héros créé par Sempé a beau avoir fait peau neuve derrière (Julien Rappeneau succède à Laurent Tirard) comme devant (Jean- Paul Rouve- Audrey Lamy après Kad Merad- Valérie Lemercier) la caméra, les fondamentaux y sont hélas respectés comme autant de boulets aux pieds Pour autant, la malice du réalisateur de Rosalie Blum permet ici et là de faire entendre une petite musique différente dans ce récit où Nicolas tente – avec ses amis – de trouver un trésor p

Thierry Chèze
Illusions perdues
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Illusions perdues

Balzac, terreur des collégiens accablés sous les poids de ses descriptions, est très soluble dans le cinéma. Pour preuve, après Eugénie Grandet de Marc Dugain le mois dernier, voici Illusions perdues de Xavier Giannoli, déboulonnage en règle du petit monde du journalisme parisien sous la Restauration. La grande question à chaque adaptation est bien-sûr de pointer l’actualité criante du texte. Giannoli n’y va pas par quatre chemins et use d’une voix-off omniprésente pour asséner l’adage du « tous pourris » traversant les siècles.

Thomas Baurez
Les Héroïques : affiche
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Les Héroïques

Présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, Les Héroïques s’inscrit dans la droite lignée du court-métrage Beautiful Loser du même Maxime Roy dont il est une sorte de prolongement. Soit l’histoire cabossée et rock’n’roll de Michel (l’héroïque François Créton), quinqua semi-SDF qui essaye de se sortir de la dope. Le film débute par une scène criante de vérité où Michel entouré d’alcooliques anonymes, évoque ses démons intérieurs, ses manques, ses multiples tentations et cette volonté aussi farouche que désespérée de se tenir enfin droit.

Thomas Baurez
Pleasure : affiche française
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Pleasure

C’est un premier film assez impressionnant. Venue du militantisme féministe et anti-porno, Ninja Thyberg livre sa vision du monde du X dans un long-métrage hyper documenté. La réalisatrice a bénéficié des témoignages et de la participation de membres de l’industrie, et ça se ressent instantanément. Pleasure raconte le parcours de Bella (Sofia Kappel, impressionnante), jeune Suédoise qui débarque à L.A. avec l’ambition affichée de devenir une porn star.

Frédéric Foubert
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La Jeune fille et l'araignée

On avait découvert les frères Zürcher en 2013 avec leur film de fin d’études, L’Etrange petit chat, portrait d’une famille berlinoise tourné entre les quatre murs d’un studio F4 avec un talent fou à faire surgir de la bizarrerie dans la banalité du quotidien. La Jeune fille et l’araignée creuse avec bonheur le même sillon.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Spectre: Sanity, madness and the family

DJ, compositeur de BO pour Céline Sciamma, Para One est autant un homme d’images que de musique. Et ce premier long en apporte la preuve. Sa genèse remonte à 2005. Et sans doute fallait- il tout ce temps pour mûrir cette histoire inspirée de sa famille, membre d’une communauté religieuse aux dérives sectaires. Spectre met ainsi en scène un fils embarqué dans une quête pour découvrir le secret de son père décédé, après l’envoi d’une K7 envoyée par sa sœur contenant des sons du passé. Entre documentaire et fiction, Para One choisit ici de ne pas choisir.

Thierry Chèze
Affiche_La famille Addams 2 : une virée d'enfer
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La Famille Addams 2 : une virée d'enfer

« Bonne idée : avoir confié les clés du reboot de La Famille Addams à l’équipe de Sausage Party. Mauvaise idée : s’inspirer des inoffensives productions Illumination et faire passer les Addams pour des cousins du Gru de Moi, moche et méchant », écrivait Première en 2019. On n’en changerait pas un mot devant sa suite deux ans plus tard, où, Morticia et Gomez perdus face à leurs enfants qui ont bien grandi, décident d’embarquer Mercredi, Pugsley, Oncle Fétide et toute la bande dans leur camping-car hanté pour des vacances en famille.

Thierry Chèze
Affiche_La famille Addams 2 : une virée d'enfer
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La Famille Addams 2 : une virée d'enfer

« Bonne idée : avoir confié les clés du reboot de La Famille Addams à l’équipe de Sausage Party. Mauvaise idée : s’inspirer des inoffensives productions Illumination et faire passer les Addams pour des cousins du Gru de Moi, moche et méchant », écrivait Première en 2019. On n’en changerait pas un mot devant sa suite deux ans plus tard, où, Morticia et Gomez perdus face à leurs enfants qui ont bien grandi, décident d’embarquer Mercredi, Pugsley, Oncle Fétide et toute la bande dans leur camping-car hanté pour des vacances en famille.

Thierry Chèze
Affiche Eiffel
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Eiffel

On vous a raconté dans notre numéro 517 la folle aventure de ce film. Une épopée de plus de 20 ans entre Hollywood et Paris, avant enfin donc de voir le jour sous l’impulsion de la productrice Vanessa Van Zuylen. Mais si en 24 ans, beaucoup de scénaristes se sont succédé et le récit a forcément évolué, sa colonne vertébrale, imaginée par Caroline Bongrand, est, elle, restée, intacte. Un mélange entre des faits historiques tels qu’ils se sont réellement déroulés et la part d’invention que permet le cinéma, sans pour autant trahir l’histoire.

Thierry Chèze
Le Dernier duel : affiche française
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Le Dernier duel

Sans avoir vu Le Dernier duel, on se disait, dans l'avant-dernier numéro de Première, que Ridley Scott pouvait être l'un des derniers cinéastes classiques. Maintenant que l'on a vu Le Dernier duel, on peut l'affirmer sans trop se gourer. Oui, Ridley Scott est bel et bien un cinéaste classique, et Le Dernier duel est un film classique. Au sens que le cinéaste comme son film adhère à une tradition, et que cette adhésion pourrait être synonyme d'excellence.

Sylvestre Picard
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Le Loup et le lion

Trois ans après le carton de Mia et le lion, Gilles de Maistre renoue avec cette idée d’un spectacle familial célébrant les animaux sauvages à la liberté menacée par l’homme et cette idée (qu’on retrouve aussi dans son docu Demain est à nous) que le salut viendra de la jeune génération. Son héroïne a ainsi 20 ans. Et en venant s’installer, à la mort de son grand- père, dans la maison de son enfance, elle se retrouve à élever en cachette un louveteau et un lionceau qui grandissent comme des frères avant que le secret soit éventé et le duo séparé de force.

Thierry Chèze
Julie (en 12 chapitres) : affiche française
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Julie (en 12 chapitres)

Joachim Trier avait disparu. Depuis deux films, il avait abandonné les dérives mélancoliques qui l’avaient imposé comme un cinéaste majeur de la nouvelle génération. Oslo 31 août ou Nouvelle donne parlaient des jeunes branchés aussi paumés qu’ambitieux. Ces balades mélancoliques auscultaient depuis sa Norvège embrumée le xennial angoissé. Mélancolie douce, bandes -sons new-wave, érudition planquée sous une mise en scène moderne…  Trier était le cousin nordique de Noah Baumbach, Mia Hansen-Løve ou Mikhael Hers disons.

Gael Golhen
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Debout les femmes !

« ... Et s’il le faut, ils réinventeront l’assemblée ! », conclut un résumé du film. Mieux, ils vont, la réenchanter le temps d’une séquence de comédie musicale citoyenne où l’hémicycle peuplé uniquement de femmes, s’électrise. Debout les femmes!, qualifié par ses réalisateurs, François Ruffin et Gilles Perret, de « road-movie parlementaire » part à la rencontre des ces travailleuses de l’ombre qui s’occupent au quotidien d’hommes et de femmes à leurs domiciles.

Thomas Baurez
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Storia di vacanze

Affreux, sales et méchants pourrait être le sous- titre de ce Storia di vacanze, à ce détail majeur près qu’ici tout le vitriol déversé sur les personnages et les situations ne conduit jamais vers la farce hilarante. La chaleur écrasante de cet été romain où se déroule l’action contamine le récit tout entier, étouffant, mal aimable et par là même passionnant. On a découvert les jumeaux D’Innocenzo en 2018 avec Frères de sang, beau récit d’apprentissage sur la perte de l’innocence et la corruption de la jeunesse.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Freda

C’est un film qui a été rattrapé par l’actualité lors de sa présentation dans la section Un Certain Regard du dernier festival de Cannes. Car l’assassinat du Président d’Haïti Jovenel Moïse par un commando armé fait évidemment écho au portrait de ce pays qu’esquisse l’haïtienne Gessica Généus, pour son premier long métrage de fiction qui en dit long sur la tension régnant sur ces terres.

Thierry Chèze
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Le Poète illuminé, Germain Nouveau (1851- 1920)

Cent-un ans et des poussières après sa mort, Christian Philibert (Les Quatre saisons d’Espigoule) consacre au poète Germain Nouveau un documentaire en forme d’enquête « historique, littéraire et philologique. » Philibert entend redonner à ce contemporain de Mallarmé, Verlaine et Rimbaud (dont il était très proche) la place qui lui revient dans l’histoire de la poésie, lui qui a pourtant obstinément refusé l’édition de ses recueils.

François Léger
Affiche_L'homme de la cave
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L'Homme de la cave

Habitué à la légèreté (Alceste à bicyclette, Les Femmes du sixième étage), Philippe Le Guay a eu envie de changer de registre, plus rugueux, plus sombre, suscitant une curiosité hélas abimée par une manière d’afficher cette nouvelle couleur en forçant le trait. Il faut dire qu’il n’a pas choisi la facilité avec un récit qui entend embrasser deux des maux majeurs actuels - le complotisme et l’antisémitisme – par le prisme des relations virant à l’aigre entre un couple et le mystérieux homme auquel ils ont vendu leur cave.

Thierry Chèze
GALERIE
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Leur Algérie

Elle, se cache souvent le visage avec ses deux mains calleuses et se met à rire compulsivement. Lui, se tient de profil, le port volontiers altier malgré le poids des années, et marmonne. Deux façons de tromper la gêne d’un dévoilement. Aïcha et Mabrouk, plus de soixante de mariage et une vie passée en Auvergne loin des montagnes algériennes de leur enfance, font partie d’une génération où l’effacement a toujours été préférable à l’épanchement. L’intime est un monde à priori infranchissable.

Thomas Baurez
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Tralala

Ils s’y étaient déjà essayés dans Un homme, un vrai. Comme un premier flirt avant la grande passion amoureuse entre deux êtres faits pour vivre ensemble. Car tout dans le cinéma ludique, ancré dans le réel et pourtant toujours un peu ailleurs, des Larrieu devait les conduire vers la comédie musicale. Mais à leur main, à la fois totalement dans le genre et un peu à côté donc. Soit la relation qu’entretient leur personnage principal avec l’existence. Il s’appelle Tralala, un clochard céleste qui squatte un immeuble en démolition quand, dans Paris, il a une apparition.

Thierry Chèze
Mourir peut attendre affiche
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Mourir peut attendre

Étrangement goguenard au sein d’une série qui jouait la carte du sérieux le plus absolu depuis 2006, Mourir peut attendre est très convaincant quand il envisage -enfin !- de nouveau James Bond comme un film essentiellement très distrayant. Le problème est de rester distrayant pendant 2h43 (on compte le générique dedans). Or, sur ce point, c’est clairement loupé. Une séquence en Jamaïque où Daniel Craig, mutique, est plus présent que jamais, puis une séquence d’action formidable à Cuba avec une Ana de Armas vraiment géniale en apprentie espionne pleine de surprises. Et là...

Sylvestre Picard
Affiche_Delphine et Carole, insoumuses
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Delphine et Carole, insoumuses

Tout était déjà là : ce documentaire qui suit les aventures en vidéo de l'actrice Delphine Seyrig (qui se réinvente en cinéaste féministe et voir sa carrière sabotée) et de son amie Carole Roussopoulos, ce documentaire retrace en creux les combats féministes des années 60 et 70. Et donne à la fois une sacrée pêche -par l'énergie de son actrice principale et ses positions de bon sens évident- et un bon coup de déprime -puisque tous les débats sont déjà là, depuis des décennies, et que le combat est loin d'être gagné.

Sylvestre Picard