
Pour sa 22ème édition - et malgré une fois encore la concurrence directe avec l'élection de Miss France sur TF1 au cours de sa soirée de clôture -, le Téléthon a réussi à recueillir plus de 95 millions d'euros de promesses de don.
L'émission - plus de trente heures de programme - était répartie entre les antennes de France 2 et de France 3 tout au long du week-end. Elle était présentée par des duos d'animateurs - Sophie Davant et Nagui (France 2), Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes (France 3) - sous le parrainage deJulien Clerc et sous les yeux de Thomas, jeune garçon de huit ans et grand témoin de l'émission.
Vingt-deux ans d'existence, c'est long pour trouver des remèdes à ces maladies rares. Malgré cela, tous les participants tentaient une fois de plus de motiver les dons par des promesses d'espoirs qui « sont au rendez-vous avec des thérapies et des traitements à l'essai très coûteux ». Hélas, les mêmes phrases que l'année dernière.
Ces travaux, fautes de moyens, pourraient s'arrêter, expliquait-on, d'où l'importance pour l'AFM (l'association français contre les myopathies) de récolter le plus de promesses de don. Laurence Thiennot-Herment, sa présidente, rappelait qu'elle jouait sur un week-end, le budget de l'année entière de l'association.
Pour convaincre le public, les spécialistes ont rappelé que les essais menés ne profitent pas qu'aux personnes atteintes de ces maladies rares, mais également aux maladies plus fréquentes, comme l'infarctus du myocarde.
Certaines études restaient assez surprenantes, comme ce jeune enfant qu'on soignait avec des médicaments très connus mais « qu'on avait jamais pensé à essayer pour soigner ce genre de pathologie ». Faut-il autant d'argent pour simplement y songer ?
De même, s'interrogeait un lecteur de Libération, n'est-il pas étrange de donner de l'argent pour financer des recherches de laboratoires privées, laboratoires qui brevetteront et revendront à prix d'or les médicaments développés grâce à ces dons ? La réponse semble être qu'aucun laboratoire ne financerait des recherches autour de ces maladies rares si elles n'étaient pas soutenues par les fonds de l'association.
95 millions, c'est donc ce qui a été promis par les donateurs, soit à peu près la même somme que l'année dernière. Il reste encore quelques jours pour donner par téléphone, au 36 37 (la collecte s'arrête vendredi prochain) mais il est également possible de contribuer toute l'année par Internet ce qui permet à l'AFM de supprimer les frais de collecte.
Et puis, on espère toujours qu'un jour, il n'y aura plus besoin de Téléthon.
Par Romain Buthigieg