Spartacus : une série B qui tache

17/11/2011 - 10h50
  • Partager sur :
  • 0

 

Spartacus, la série, débarque ce soir sur W9. Un cocktail de luttes sanglantes et d'érotisme complètement assumé, au traitement graphique détonnant. 

 

Spartacus arrive sur W9, avec ses grosses caligae : la chaîne diffuse ce soir les premiers épisodes de la saison 1, sous-titrée Spartacus, le sang des gladiateurs, avec le regretté Andy Whitfield dans le rôle titre. La série, produite par Sam Raimi et Robert Tapert (producteur de Xena, la guerrière), suit le destin de Spartacus le thrace, depuis le jour où une légion romaine se présente aux portes de son village. Lui et les siens acceptent de se rallier à l'armée romaine, le temps d'une campagne contre un peuple ennemi des deux nations. Rome ne va cependant pas tenir ses engagements et va conduire les thraces à la révolte. L'affront va coûter très cher à Spartacus : séparé de sa femme, il est capturé et jeté dans une arène pour servir de menu fretin à des gladiateurs expérimentés. Contre toute attente, il sort vainqueur du combat. Et Lentulus Batiatus qui règne sur une école de gladiateurs s'en porte acquéreur. L'homme devient esclave, puis gladiateur, avant de défier le pouvoir...

 

La formule empruntée à Gladiator sied bien à la série, qui capitalise sur le succès du film de Ridley Scott, jusque dans les complaintes mélodiques qui ne sont pas sans rappeler la bande originale de Hans Zimmer & Lisa Gerrard... que W9 utilise d'ailleurs dans ses promos. Ce n'est pourtant pas tant dans Gladiator, mais dans 300, adaptation ciné du comic book de Frank Miller, que Spartacus puise son inspiration. Si le maniérisme de Zack Snyder vous agace, passez votre chemin : slow-motion, litres d'hémoglobine qui éclaboussent le champ au ralenti... l'univers graphique est carrément exacerbé. Les répliques minimalistes et ampoulées (« Kill them all ! », « Fight as one. Or die as two ») complètent le tableau. Un acteur de 300 (Peter Mansah) a même intégré le casting et le dernier épisode de cette saison de Spartacus lui donne même l'occasion de ressortir une fameuse ligne de dialogue, issue de cette scène :

 

 

 

A ce joyeux étripage, il faut rajouter les parties fines, filmées aux plus près des corps, dans des démonstrations grand-guignolesques. Tout est là et la série se tient dans ce qu'elle assume complètement : elle joue à fond la carte de la série B qui tache, sans prétentions. C'est ainsi qu'on se prend au jeu, malgré un manque évident de subtilités. A la mi-saison, la série trouve un intérêt nouveau, dans le déploiement des basses oeuvres de Batiatus (John Hannah, habitué des rôles en costumes) et de son épouse Lucretia (Lucy Lawless, ex-Xéna), couple méphitique qui manoeuvre en coulisses pour que Batiatus puisse accéder au pouvoir. A noter quand même que W9, diffusera ce soir une version tronquée des épisodes, ablutionnée sans doute de scènes trop scabreuses. Pour apprécier la série telle-quelle, il faudra attendre les rediffusions programmées par la chaîne, en intégralité cette fois.

 

Spartacus, le sang des gladiateurs. Le 17 novembre, à 20h45 sur W9.

Par Jonathan Blanchet
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Toutes les rubriques
    • Cinéma
    • /
    • Société
    • /
    • Livres
    • /
    • Télé
    • /
    • Musique
    • /
    • Expos
    • /
    • Photos
    • /
    • Forum
    articles les + lus
    • Quand Lorde se réapproprie sa caricature dans South Park
    • Vocabulaire des rappeurs français : qui a le plus large? (infographie)
    • "87 Bounces" : un ballon de basket s'incruste chez Kubrick, Scorsese et Sergio Leone
    • L'étrange beauté des réactions chimiques
    • Réédition du livre de Geoff Emerick, le sixième Beatles qui révolutionna la pop
    • Un inédit de David Bowie pour la sortie de sa rétrospective, Nothing Has Changed
    • Run the Jewels sort Zack de la Rocha de sa retraite
    Les Derniers Tweets de Fluctuat