
Depuis la diffusion des premières images courant septembre, l'impatience suscitée par la nouvelle série de David Milch (Deadwood), produite par Michael Mann (qui réalise le pilote), est montée d'un cran. Le premier épisode, diffusé sur HBO en clôture de la mi-saison, plonge, posément et avec rigueur, le spectateur dans l'univers du turf et les à-côtés d'un business juteux.
La série ne sera lancée que le 26 janvier prochain sur HBO, mais la chaîne a voulu profiter de la diffusion du final de Boardwalk Empire comme d'une rampe de lancement. HBO, mètre-étalon des séries feuilletonnantes à dominante cinématographique, capitalise sur un name-dropping d'exception. Luck est signé David Milch (script sur la regrettée Deadwood), et est produit par Michael Mann. Le réalisateur de Collateral ou Miami Vice, adapté de la série éponyme qu'il avait lui-même produite, réalise d'ailleurs le pilote. Devant la caméra, Luck met notamment en scène Dustin Hoffman et Nick Nolte. N'en jetez plus ! Pour son retour sur HBO, Milch a choisi le milieu particulier des courses hippiques comme cadre à une guerre de position entre de cupides spéculateurs. C'est du moins ce que semble annoncer le pilote, qui sert surtout de scène d'exposition rallongée et qui pose à peine les enjeux.
Chester Bernstein dit "Ace" (Dustin Hoffman) sort de taule. Il a écopé de trois ans pour s'être rendu coupable de ce qui semble bien être des malversations financières. Il semble..., car nous n'en saurons pas plus. Tout comme le fait que Bernstein ait l'air d'avoir tout pris pour éviter d'éclabousser ses associés. « Ace » a bien l'intention de se refaire et a confié les rênes de son hacienda à son chauffeur. A peine le temps de cerner les contours de "celui qui tire les ficelles", que la caméra de Michael Mann descend sur le champ de courses.
Comme on pouvait s'y attendre, Michael Mann donne du nerf à cet univers sous tension. Dans les boxes, l'image s'arrête sur les veines saillantes de l'animal qui s'apprête à s'élancer, le souffle rugueux, sur une piste baignée de lumière. Hors de la piste, c'est un peu la comédie humaine. Une dizaine d'autres personnages vont faire leur entrée en scène. Parmi eux, un trio de joueurs compulsifs qui emploient leurs journées à scruter la piste pour parfaire leurs paris, un dresseur de chevaux évasif, en la personne de Nick Nolte, un duo de jockeys gentillets qui se heurtent aux exigences des régisseurs et businessmen de tous poils. Milch ne lésine pas non plus sur les détails et les expressions consacrées. La densité de l'intrigue et les nombreuses pistes qui se profilent ne permettent pas pour l'instant de connaître ses intentions. Bernstein apparaît comme une sorte de Gordon Gekko des courses hippiques. On peut parier encore longtemps sur ce que seront ses agissements. Tant mieux, Luck s'annonce déjà comme une mini-série d'envergure.
Par Jonathan Blanchet Follow @joblanchet
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