
C'est la fable du mois, le grand coup de rire du moment : Les Infiltrés, l'émission de France 2, s'est invitée dans un magazine de la presse people. On connaît dorénavant bien le principe du documentaire / débat de la chaîne publique : des caméras cachées, un journaliste qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas et un montage flouté pour préserver l'anonymat des témoins.
Or, le journal infiltré pour l'émission autour de la presse people s'est démasqué tout seul : il s'agit de Closer. Quand Laurence Pieau, la rédactrice en chef, s'est aperçue de cette infiltration, elle a commencé à arpenter les plateaux et à multiplier les interviews pour critiquer le manque total de respect de la vie privée de l'émission de France 2. Onze journalistes du magazine ont attaqué CAPA pour atteinte au droit à l'image.
Venant d'un journal qui vit de photos volées, il est difficile de s'interdire de rire.
L'avant-dernier épisode en date, c'est la "disparition" de la cassette de l'émission du 3 décembre, celle-là même autour de la presse people. Les esprits s'échauffent et le dernier Closer propose un scoop, titré en couverture : "Un journaliste de l'émission dévoile la face cachée des infiltrés : interview exclusive". À côté : une photo de David Pujadas et de l'autre celle du journaliste en question (au format carte d'identité). Une double page y explique pourquoi Djaffer Ait Aoudia, le-dit journaliste, s'oppose à la diffusion de son reportage sur des clandestins dans Les Infiltrés. En substance, la sécurité des témoins n'est pas assurée et les commentaires sont erronés en insistant sur la drogue et la prostitution pour "justifier la présence de la police dans le sujet". On comprend bien que les journalistes de Closer s'inquiètent eux aussi pour leur sécurité. Mais le titre de l'article (citation du journaliste) est un éclat de rire à lui tout seul : "Les infiltrés, une émission qui ne jure que par le sensationnel".
Ce qui étonne quand même le plus, c'est que l'interview est en dehors complet de la ligne éditoriale de la publication qui traite d'acutalité légère et surtout des stars et des potins. Collée dans l'actualité "télé" de la semaine, est-ce que la cible marketée du magazine s'intéresse le moins du monde à la polémique autour de l'émission ? Achète-t-elle le journal pour lire des interviews autour de clandestins qui attendent de traverser la Manche pour gagner la Grande-Bretagne ? Est-ce que Closer se veut XXI ?
Si l'on peut se demander l'intérêt de faire une infiltration de la presse people (surtout après les maisons de retraite et le travail au noir), il reste étonnant de voir la réponse du magazine qui semble un peu disproportionnée.
Via Lowblogging.fr.