Game of Thrones, série culte avant l'heure Succès de la saga médiévale et fantastique

29/03/2012 - 15h52
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En 10 épisodes, Game of Thrones s’est imposé comme la nouvelle fiction phare de HBO. Alors que la saison 2 démarre le 1er avril aux Etats-Unis, Fluctuat vous explique pourquoi la saga médiévale fantastique peut déjà prétendre au rang de série culte.
L'auteur
Jonathan Blanchet

Le 17 avril 2011, HBO a entamé la diffusion de Game of Thrones, série en 10 épisodes, adaptée du cycle du Trône de fer, vaste épopée littéraire entamée en 1996 par un certain George R.R Martin. Le pari était risqué. Personne n’avait encore osé lancer une série médiévale et fantastique. Le succès fut pourtant au rendez-vous avec des critiques élogieuses et des scores très satisfaisants pour une chaîne câblée (2,2 millions de téléspectateurs pour le pilote, 3 millions pour le "season finale").

Depuis, les fans s’enflamment, se ruent sur le moindre teaser de la saison 2 et spéculent déjà sur la commande des saisons 3 et 4. Les ventes de DVD et Blu-Ray du premier volet battent des records et, alors que la série n’a finalement pas montré grand-chose pour l’instant (trop de personnages à présenter et pas assez de budget bataille), tout le monde s’attend à un feu d’artifice pour la suite. Alors, Game of Thrones série déjà culte ?

Sept romans pour base scénaristique

Transfuge de la télévision, scénariste déçu d'Hollywood, George R.R Martin a lâché son écriture une fois libéré des contraintes de budget, créant des dizaines et des dizaines de personnages évoluant dans un univers riche et complexe. Si l’adaptation de cette œuvre colossale était ardue, elle garantit un récit qualitatif et substantiel.

Aux États-Unis, cinq tomes sont déjà parus pour une saga qui devra en comporter sept au total. La première saison de la série couvre le premier roman d'un George R.R Martin qui jure qu'il sait où il va. Les luttes de pouvoir sont au cœur de Game of Thrones. Contrairement à Walking Dead qui prend d'énormes libertés avec le comic book dont il est adapté, Game of Thrones veut coller au plus près de l'histoire et de l'ambiance du matériel d'origine. La série limite (pour l'instant) les incartades même si certaines sont indispensables à la fluidité de l'intrigue.

Pour rester fidèle à sa création, Martin voulait HBO, pourvoyeuse des succès que l'on sait (Les Sopranos, Six Feet Under...), chaîne du câble exigeante et pas prompte à agiter le spectre de la censure à la moindre scène de sexe ou de violence. Et dans Game of Thrones, ce n'est pas ce qui manque.

Des personnages solides

L'autre particularité du livre dont s'inspire la série, c'est ce vivier de personnages qui apparaissent sans discontinuer. Ils ont tous un vécu de manière à ce que chacun d'eux apporte du sens au récit... qui ne manquera pas de prendre le spectateur par surprise. Un gage de réussite quand d'autres séries se plantent en mettant en avant des personnages vides et trop souvent manichéens. Dans Game of Thrones, la notion de gentil et de méchant est mise à mal, les lignes sont brouillées et les têtes tombent régulièrement. Côté casting, peu de têtes connues (hormis Sean Bean, qui joue Ned Stark) mais des révélations : les deux jeunes enfants de l'histoire Bran et Arya, la jeune Emilia Clarke, à qui l'on force le destin, ou encore Peter Dinklage (en Tyron Lannister), focalisent toutes les attentions et seront amenés à prendre une place encore plus importante.

Fantastique mais pas trop

Même si c'est une référence avouée de l'auteur, George R.R Martin n'est pas Tolkien puisqu'il est beaucoup plus ancré dans le réalisme que l'auteur du Seigneur des Anneaux. Game of Thrones offre un univers noir mais authentique, la "fantasy" ne se manifeste pas à travers un déluge de manifestations extraordinaires ostentatoires (même si la saison 2 introduira notamment le personnage de Mélisandre d'Asshai, prêtresse incarnée par Carice Van Houten). La magie, sur le retour, y est maligne. Ces manifestations discrètes (et leurs origines) stimulent les attentes des spectateurs. Ce parti-pris contribue certainement aussi à faire venir quelques réfractaires aux monstres en tous genres.

Un environnement crédible…

La production a mis les moyens (4,5 millions de dollars par épisode) pour sa série, quand un épisode de Deadwood était, lui, estimé à 5 millions. Ces décors somptueux, qui n'ont rien à envier à la Nouvelle Zélande de Peter Jackson, ainsi que costumes et accessoires apportent un certain cachet à la transposition de l'univers de papier. Les effets spéciaux, loin d'apporter trop de clinquant dans l'affaire, renforcent la crédibilité de l'univers.


…et un budget maitrisé

Game of Thrones concilie en prime ses ambitions avec les contraintes budgétaires. Si les fans hardcore du roman ont reproché l'absence d'une grande bataille dans les derniers épisodes de la saison 1, la production a fait le bon choix en jouant sur l’ellipse plutôt que de sombrer dans le cheap. Une pirouette qu'elle ne pourra pas renouveler à tous les coups puisqu'une bataille d'envergure se profile pour la suite.

Cette maitrise des coûts sera en tout cas un facteur essentiel à la longévité du show, trop cru et pointu pour toucher le grand public, qui a tout pour s’imposer comme la grande série des années à venir.  

Game of Thrones saison 1. Actuellement en DVD et Blu Ray chez Warner. La saison 2, diffusée sur HBO à partir du 1er avril, sera disponible le lendemain en VOD sur Orange Cinéma Séries.

Voir aussi :

- Game of Thrones saison 2 : de nouvelles têtes en vidéo

- Les génériques de séries les plus stylés

Par Jonathan Blanchet
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