
A priori, la série ne paie pas de mine. Une chronique familiale à la française, c'est ordinaire, c'est connu, ça n'a rien de transcendant. A son lancement en 2007, elle est diffusée discrètement le samedi, entre le jeu de fin de journée et le 20h sur France 2. Les démarrages sont laborieux, mais trois ans plus tard, la série s'affiche fièrement en prime-time et rassemble près de 5 millions de téléspectateurs devant leur poste. Ce soir, France 2 lance la quatrième saison de sa comédie sérielle qui s'annonce déjà comme un succès d'audience. Anatomie d'un succès inattendu.
Un phénomène d'identification
C'est le portrait exacerbé de la famille moderne. La série suit le quotidien de deux familles que tout oppose, les Bouley et les Lepic. D'un côté, les Lepic, plus traditionalistes. De l'autre, les Bouley, moins prise de tête, qui défendent une éducation à la cool. Tous plus ou moins retors quand l'un ou l'autre ont le dos tourné, les personnages cristallisent ces petites choses du vécu que l'on connaît tous.
Un format qui évolue
La série n'est pas figée dans sa forme. La première saison était montée comme un docu-réalité. Une idée piquée à The Office, la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant et qui témoigne des influences et du bon goût du duo de scénaristes frenchies. Une manière habile de faire connaissance avec les personnages, de révéler leurs défauts et leurs petites manies, avant une première rencontre explosive entre les deux familles au milieu de la saison. La technique est abandonnée au bout d'une saison, par peur de laisser trop de spectateurs sur le carreau. Une occasion d'expérimenter de nouveaux procédés narratifs. Au départ découpés en courtes saynètes comme n'importe quelle série à sketches, les épisodes se sont rallongés et gagnent un rythme plus soutenu, vif, autour de répliques ciselées. Le format feuilletonnant permet aussi aux auteurs de rester ancrés dans une continuité, en suivant le parcours scolaire des enfants, le cours naturel d'une vie ou presque.
Une brochette de guests
La série a su s'entourer de nombreux acteurs invités. Bruno Solo, Patrick Bruel, André Manoukian en ex-mari de Valérie Bouley et prof de chant, mais aussi, Antony Kavanagh, Frédérique Bel et bientôt François-Xavier Demaison... Ils sont nombreux à avoir rejoint le casting et parfois même pour un rôle régulier. La production garde encore quelques noms bien au chaud et les fans en redemandent. Une marque d'intérêt qui ne trompe guère, quand on voit la qualité des séries courtisées de la sorte par les people aux Etats-Unis.
Une campagne de com' inspirée
Enfin, quoi de mieux pour entretenir la flamme qu'une belle campagne marketing. Le premier épisode sera diffusé en prime-time mercredi soir. Mais pour les fans qui n'en pouvaient plus d'attendre, la chaîne a diffusé l'épisode 3 de la saison 4 avec deux jours d'avance sur la page Facebook de la série.Pourquoi l'épisode 3 et pas l'épisode inaugural de cette quatrième saison ? Peut-être une manière pour la chaîne de s'assurer un rassemblement optimal devant la petite lucarne dès ce soir. Depuis début octobre, elle distille les premières images de cette nouvelle saison : nouveau générique, making-ofs, extraits, teasers... La chaîne a même fait une incursion dans le transmédia en lançant de vrai/faux sites viraux. Des séries U.S comme How I met your mother en ont fait de vrais gimmicks. Pour promouvoir la nouvelle lubie du personnage de Denis Bouley, (en reconversion professionnelle aux débuts de la série, puis tour à tour animateur en maison de retraite et « chanteur »), qui lancera au début de cette saison sa méthode de coaching, la production a mis en ligne le fac-similé du site web qui va avec. Fais pas ci, fais pas ça a même tapé dans l'oeil des exécutifs de la chaîne ABC qui s'en seraient inspirés pour lancer Modern Family, succès populaire et critique qui a raflé trois Emmy Awards lors de son lancement en 2010. Un presque retour aux sources pour la série française qui devrait bientôt bénéficier de sa propre adaptation cinématographique.
Fais pas ci, fais pas ça. Saison 4. Le mecredi soir à 20h35 sur France 2.
Par Jonathan Blanchet Follow @joblanchet
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