
L'infirmière caustique et sous anxios fait une deuxième tournée sur Teva, qui programme dès ce soir l'intégralité de la première saison.
La série hospitalière a fait presque autant d'émules que les séries policières. Après Urgences, Dr House ou Grey's Anatomy, ceux qui ne connaissent pas encore Jackie Peyton et ses petites contrariétés pourraient être tentés de passer leur tour. A tort. Pratiquement toute la série repose sur ses frêles épaules - et celles de son interprète, Edie Falco, que l'on a encore coutume d'appeler Madame Soprano pour son éminent rôle dans la non moins brillante série de HBO. Jackie est infirmière, travaille avec un médecin folâtre et obsédé, envoie bouler ses collaborateurs et fait pourtant preuve d'une grande humanité envers les patients qui lui témoignent une once de respect. Jackie a une vie de famille qu'elle occulte, comme sa bague de fiançailles, quand elle franchit les portes de l'hôpital. Jackie trompe son mari avec un pharmacien qui la ravitaille largement en anxiolytiques pour qu'elle tienne le coup dans son quotidien remuant.
Héroïne de cette comédie noire, Jackie a un air de Gregory House, avec qui elle partage les sarcasmes et les tubes de vicodin, analgésiques comprimés dans des tubes orangés qu'ils s'envoient par dizaines. Visuellement, le recours aux paradis artificiels donne lieu à des séquences où l'absorption de pilules vire à l'onirisme. Comme Hank Moody, romancier raté et accro au sexe de la série Californication ou Nancy Botwnin (Weeds), devenue dealeuse pour faire vivre son foyer, Jackie fait partie de ces anti-héros qui préservent les apparences, mais anémiés et bourrés de failles, lancés aux Etats-Unis sur la chaîne Showtime. Juge et partie, Jackie ira jusqu'à falsifier des documents pour accélérer un don d'organe, ou à l'inverse, jeter sans ménagement l'oreille d'un sociopathe dans la cuvette des toilettes (!). L'intérêt n'est pas moindre pour les seconds couteaux. A l'hôpital, un entourage restreint gravite autour d'elle et dans leur diversité, ils sont tous autant tourmentés les uns que les autres : le docteur Cooper, qui calme son stress en agrippant la poitrine de son interlocutrice, Zoey, la stagiaire qui se comporte comme une gamine gâtée, Eleanor, la bonne copine médecin, mais vieille fille... Des personnages qui mériteraient autant d'intérêt que le cas Jackie qui monopolise l'attention en ménageant trop les rebonds dans l'intrigue générale. Le répit sera de courte durée puisque Teva enchaînera derechef avec la diffusion de la saison 2, dès le 6 décembre.
Nurse Jackie, saison 1. A partir du mardi 22 novembre 20h35 sur Teva.
Par Jonathan Blanchet Follow @joblanchet
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