
A cette période de l'année, chacun y va de son top 10. Les séries télé, dont la production 2011 aura été riche, ne font pas exception. Même si on préfère parler de coups de coeur, les formats étant relativement différents. Y figurent de nombreuses productions françaises, preuves d'un renouveau certain de la création.
Breaking Bad (Orange Ciné Max / Arte)
Depuis son lancement, la série n'a eu de cesse de monter en gamme. Arte a diffusé cet automne la saison 3, suivie par Orange Ciné Max qui a embrayé sur la saison 4, la dernière en date. A chaque fin de saison, l'impression que Walter White a atteint le point de non retour se fait plus forte. Jusqu'à la prochaine. Il est loin le temps où Walter White, professeur de chimie et père de famille se découvrait un cancer. Alors pour subvenir aux besoins de sa famille, il se lançait dans la fabrication de méthamphétamines. La dernière (et ultime) saison est prévue pour l'été prochain outre-Atlantique.
Bref (Canal Plus)
Vu le barouf provoqué par la série diffusée depuis fin août dans Le Grand Journal de Canal Plus, rien de bien original que de l'intégrer dans cette liste. En moins de deux minutes, un trentenaire pépère raconte son quotidien à la vitesse de la lumière. Les instants de vie ordinaires, le montage haletant, la voix-off qui traduit les pensées du héros (Kyan Khojandi, acteur, mais aussi créateur, auteur et réalisateur), la bande-son survoltée qui découvre de nouveaux talents de la scène électro... Les raisons de saluer la création des deux compères Kyan Khojandi et Bruno Muschio sont nombreuses. Des auteurs biberonnés au stand-up, aux séries U.S, anglaises et au cinéma américain des années 80 (si on en croit la pluie de références distillées au fil des épisodes). Le prochain défi pour ses créateurs ? Permettre à leur personnage de franchir une nouvelle étape de son existence pour renouveler l'intérêt d'un public exigeant sans le laisser sur le bord de la route.
Boardwalk Empire (Orange Cinéma Séries)Lancée par Martin Scorsese (qui réalise d'ailleurs le pilote) et un des auteurs des Soprano, Boardwalk Empire prend place dans les annnées 1920, dans une Amérique en pleine prohibition. A Atlantic City, un homme d'affaires respecté par tous les notables de la ville (Steve Buscemi) va développer une juteuse industrie de spiritueux. La série a porté haut ses ambitions et s'avère être une réussite. Photographie soignée, casting impeccable, décors admirables... Boardwalk Empire ne porte pas sans raisons la marque de HBO.
Games of Thrones (Orange Cinéma Séries)En voilà une adaptation réussie ! Connu pour la densité de son écriture, Georges R.R Martin avait imaginé sa fresque d'heroïc fantasy de façon à ce qu'elle paraisse la plus inadaptable possible. Et pourtant, romanesque et haletante, la première saison a rempli son office. Bien sûr, les aficionados des romans remarqueront des passages simplifiés ou carrément passés à la trappe. Mais contrairement à Walking Dead, autre adaptation plutôt saluée par la critique cette année, elle ne se perd pas (encore) en circonvolutions.
Homeland (aux Etats-Unis, sur Showtime)Une analyste de la CIA (Claire Danes) est convaincue qu'un marine retrouvé en Irak est passé du côté de l'ennemi... Seulement, le comportement de la jeune femme est aussi ambigu que l'attitude de celui qu'elle soupçonne. Une série qui questionne la politique sécuritaire des Etats-Unis par un des producteurs de 24. Coup de coeur pour l'interprétation hallucinée de Claire Danes. Diffusion sur Canal Plus dans quelques mois normalement.
Misfits (Orange Ciné Choc)Une autre série britannique, qui a vu sa deuxième saison diffusée cette année en France. Des ados d'une banlieue anglaise se trouvent dotés de pouvoirs après que la foudre ait frappé le chantier sur lequel ils effectuaient leurs TIG. Pas banale, elle déjoue les clichés rebattus par le genre.
Platane (Canal Plus)Pari risqué pour Eric Judor, qui s'est lancé dans l'écriture d'une série tragi-comique. Vraie-fausse mise en abîme (outre-Atlantique, c'est l'autre petite nouvelle Episodes avec Matt LeBlanc qui fonctionne sur ce principe), la série débute quand Eric et son compère Ramzy s'apprêtent à lancer HP, suite de la fameuse série H. En rentrant d'une soirée, sa voiture vient s'encastrer dans un platane. Plongé dans le coma pendant un an, il se réveille avec une méchante gueule de bois : Ramzy a lancé la série sans lui et il est devenu persona non grata à Canal. Il se lance un défi : écrire un film dramatique... Inattendu, il se tourne en dérision et en rajoute en convoquant la fine fleur du cinéma français devant la caméra. Tantôt savoureux, tantôt bancal, mais sans doute ce que son créateur a fait de mieux depuis longtemps.
Sherlock (France 2)Récupéré par le cinéma et la télévision, le détective anglais du 221B Baker Street, créé par Conan Doyle, a été réinventé pour la BBC. L'adaptation, cornaquée par Steven Moffat (scénariste de Doctor Who, et au cinéma, du Tintin de Spielberg), part d'une idée simple, mais brillamment entretenue : transposer l'action du XIXème au XXIème siècle. L'essence du personnage demeure ; théâtral et emprunté, ce Sherlock 2.0 utilise les nouvelles technologies pour résoudre ses enquêtes. A l'écriture astucieuse, il faut ajouter la parfaite alchimie qui se dégage de son binôme d'acteurs : le fantasque Benedict Cumberbatch (Sherlock, donc) et le sceptique Martin Freeman (le docteur Watson), choisi pour être Bilbo le hobbit dans la prochaine adaptation de Peter Jackson. France 2 a diffusé la première saison. La seconde sera lancée sur la BBC en début d'année, nous aurons l'occasion d'y revenir ici.
Signature (France 2)Une mini-série française de qualité, avec Sandrine Bonnaire et Sami Bouajila, par le scénariste de Pigalle, la nuit. Sur l'île de la Réunion, Toman, pêcheur solitaire et force tranquille en apparence, cache des pulsions meurtrières qu'il a de plus en plus de mal à contrôler. Une journaliste de métropole arrive sur l'île pour enquêter sur la disparition d'un homme qui s'avère être une de ses dernières victimes. Le décor chatoyant prend la place d'un véritable personnage, l'exposition lente est plus favorable à l'immersion. La série aura par exemple été préférée à Braquo, d'Olivier Marchal, toujours de très bonne facture, mais dont la deuxième saison, qui donne priorité à l'action et aux rebondissements qui s'emballent, nous a moins séduits.
Xanadu (Arte)Le porno en série a fait recette en 2011 : sur Canal, la saison 2 de Hard a emboîté le pas à Maison Close. Xanadu, diffusée sur Arte, a opté pour une plongée âpre dans les coulisses des tournages d'un grand ponte de l'industrie. Et réussi à contourner autant que possible les lieux communs en optant pour des sous-intrigues inégales. Mais l'audace mérite d'être saluée.
Et pour vous, quelles séries auront marqué 2011 ?
Par Jonathan Blanchet Follow @joblanchet
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