
Orange a lancé il y a quelques mois son propre bouquet télévisé pour son offre ADSL. Cinq chaînes cinémas et séries (Orange Cinémax, Cinéhappy, Cinéchoc, Cinénovo et Cinégéants pour 12 euros par mois) et Orange Foot pour 6 euros par mois auquel s'ajoute forcément un abonnement dit « triple play » : internet, téléphonie et télévision. Un match exclusif par semaine côté sport et des catalogues en exclusivité (HBO, Viacom, entre autres) côté ciné / série. Ainsi, True Blood d'Alan Ball sera proposée à partir du 23 décembre sur les chaînes d'Orange.
Problème : cette vente liée (téléphonie, internet et télévision) exclue tous les abonnés des autres offres (Canalsat ou TPS, Free, Neuf/SFR, Bouygues, Alice).
La question a été soulevée à l'Assemblée Nationale, et un amendement a été adopté qui demande à Orange de proposer ses chaînes exclusives aux autres opérateurs. Libre à eux de les reprendre ou pas. La discussion est engagée et devra se poursuivre au Sénat.
Les exclusivités sont au coeur des offres des opérateurs depuis des années. Lorsque TPS et Canal Satellite (maintenant Canalsat) sont arrivés sur le marché, TF1 et M6 ont refusé de proposer leur contenu chez son concurrent. Après des années de batailles administratives et juridiques, Canalsat avait fini par pouvoir proposer ces deux chaînes dans son bouquet. Mais il s'agissait de chaînes « historiques ».
Aujourd'hui, pour les offres ADSL comme Free ou Neuf, il est par exemple possible de s'abonner à certaines chaînes de cinéma de Canalsat, mais les meilleures sont soumises à une réglementation étrange : pour y avoir un accès total, il faut, d'une part, s'abonner et d'autre part, depuis sa télécommande, basculer sous une interface propriétaire à l'abonnement, interface qui supprime des services comme certaines fonctions d'enregistrement.
Si, un jour, Orange - qui mise sur son offre télévisée pour accroître sa part de marché - devait proposer ses chaînes exclusives sans la vente liée à un abonnement téléphone+internet+télé, il est fort à parier que le prix des abonnements sera rédhibitoire et les services interactifs fortement limités.