
Ha, la Coupe du monde. Son calendrier de matchs démentiel (trois par jour en ce moment), ses polémiques (la vuvuzela cette année), ses stars, ses surprises. Et la longue litanie des commentateurs , payés pour nous décrire ce qu'on voit à l'écran ("passe de Toulalan à Ribéry") et enchaîner poncifs, clichés du sport et autres phrases types qui se transmettent de génération en génération.
A force, le commentateur ne réalise même plus qu'il enfile les pléonasmes ou les contresens. Et le télespectateur non plus. Pourtant, en lisant à tête reposée ces 5 expressions emblématiques, on se rappelle que langue française et journalisme sportif font rarement bon ménage...
"Si elle est dedans, c'est pareil"
Non, si c'est dedans il y a but. Alors que là, il y a six mètres.
Traduction : le gardien était battu.
"Le poteau qui sauve le gardien"
Existe aussi dans la variante "Hugo Lloris suppléé par son poteau (ou sa barre transversale)", comme si les cages de foot se tordaient pour stopper un ballon...
Traduction : la frappe de l'adversaire a tout simplement atterri sur le poteau.
"L'axe central"
Expression favorite d'Aimé Jacquet. Un axe central ? Il y aurait donc aussi un côté latéral ?
Traduction : Allez savoir pourquoi, mais ce pléonasme est synonyme de défense centrale. Techniquement, l'axe central devrait se situer au centre du terrain...
"Egalité parfaite"
Une précision essentielle pour ne pas confondre avec les égalités imparfaites...
Traduction : l'égalité parfaite fait référence à un cas de figure où deux équipes sont à égalité sur plusieurs critères. Par exemple, dans un match de coupe où il y a eu 1-0 à l'aller 0-1 au retour, on dit qu'il y a "égalité parfaite sur l'ensemble des deux rencontres". S'il y avait eu 2-1 puis 0-1, le total ferait 2-2 mais l'égalité ne serait pas parfaite à cause des buts à l'extérieur qui comptent double (vous suivez ?).
"Un match n'est jamais fini"
Ha bon (voix de Roselyne Bachelot dans les Guignols) ? Ça ne dure pas 90 minutes un match de football ?
Traduction : Quand un commentateur dit qu'un match n'est jamais fini (en faisant généralement référence à la finale de Ligue des champions 1999 où Manchester United avait marqué deux buts au Bayern Munich dans les arrêts de jeu), comprenez que tout est possible tant que l'arbitre n'a pas sifflé la fin du match.
Vous connaissez d'autres expressions de commentateurs qui ne veulent pas dire grand chose ? Partagez-les avec nous dans l'espace commentaire.
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco