
Avant que sa descente aux enfers ne s'achève par une perquisition et un tour par la case désintox, Jean-Luc Delarue a vécu une étrange période, entre dévotion à Claude Berri, velléités littéraires, colocation avec François Weyergans et nouba dans son appartement de la rue Bonaparte.
Cette parenthèse délirante a duré à peu près un an, entre septembre 2008 et septembre 2009, comme le raconte Technikart dans son dernier numéro. Elle coïncide avec le projet de l'animateur de réaliser un documentaire sur Claude Berri. Le réalisateur décède en janvier 2009, laissant JLD aux raz des pâquerettes. En témoigne le papier hallucinant qu'il signe dans Paris Match avec cette conclusion : "Claude Berri était la vie à lui tout seul. Sa mort m'a tué".
Delarue se lance parrallèlement dans une frénésie artistique, achetant des oeuvres d'art contemporain (dont une sculpture en forme de godemiché de Paul McCarthy qui l'obsède) à tour de bras, s'entiche de l'écrivain François Weyergans, le seul à avoir gagné le Goncourt et le Renaudot, et bosse comme un fou sur le livre-confession qu'il veut intituler Un service public.
Romancier renommé mais fauché, Weyergans va vivre au crochet de Delarue. Au point de s'installer dans son appartement de 600 m2, qui devient rapidement un rendez-vous hype où se croisent Michel Houellebecq, Marc-Edouard Nabe, Simon Liberati. Mais aussi Laurence Ferrari, Valéry Giscard d'Estaing et quelques bimbos.
Delarue et Weyergans sont inséparables. Le premier se lance dans un lobbying effréné pour faire entrer le second à l'Académie Française. Qui réussit contre toutes attentes. En échange, le romancier lui ouvre les portes du Paris "arty". Mais JLD paie le prix de sa double vie. De plus en plus de coke, de moins en moins de sommeil. Son travail d'animateur s'en ressent. C'est au cours de cette période qu'il annule des enregistrement et qu'intervient l'épisode des "globes" de Yamina Benguigui.
Après une teuf d'enfer où un millier de personnes passent dans la "JDL mansion", le 25 juin 2009, la relation Delarue-Weyergans s'étiole. Leur projet d'émission littéraire tombe à l'eau. Et l'improbable couple se sépare après l'été. Epilogue brutal, à l'image des tribulations de l'ex gendre idéal du paf, aujourd'hui sur le chemin de la rédemption.
Retrouvez l'article "Delarue à St-Germain-des-Près" en intégralité dans le numéro du mois de mai de Technikart, et de larges extraits vendredi sur Fluctuat.
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