Sarkozy refuse, segolene Royal maintient, Bayrou pinaille. Le leader centriste a donc accepté le débat mais exige qu'il soit télévisé, pour des raisons de totale transparence mais aussi vraisemblablement parce qu'il n'est pas si pressé de retourner dans l'ombre. C'est bien pour cette raison que le candidat de l'UMP lui a signifié une fin de non recevoir. Selon Nicolas Sarkozy, la finale se joue à deux et il n'est pas question d'y faire participer les outsiders éconduits dans les urnes. A dire le vrai, Sarkozy a beaucoup plus à perdre dans un tel débat : les critiques de François Bayrou portent essentiellement sur sa manière d'être, sa personnalité jugée autoritaire et brutale. Aller sur ce terrain risquerait de lui faire perdre la bataille d'image dans laquelle il s'est engagé pour le second tour. Par ailleurs, le candidat de la droite a d'autres arguments que ceux de sa rivale au premier rang desquels la pression qu'il peut exercer sur les parlementaires de l'UDF élus avec les voix de son camp il y a cinq ans. Une guerre des nerfs qui souffre peu la présence des caméras.
Ces deux choix tactiques sont aussi intelligents l'un que l'autre et collent parfaitement avec les armes des différents belligérants. Sun Tzu disait dans L'art de la guerre qu'il n'y a au fond que deux manières de mener combat : l'attaque frontale et l'embuscade. "Dans le combat, il n'y a pas plus de deux méthodes d'attaque : la directe et l'indirecte, mais leurs combinaisons produisent une infinité de maneuvres. Ces deux méthodes agissent l'une sur l'autre. C'est comme une spirale sans fin. Qui peut épuiser les possibilités de leurs combinaisons ?". Une chose reste certaine à l'issue du combat : "celui qui vainc et conquiert les terres et les villes mais n'offre aucune récompense prépare des désastres."
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida