
"Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort", a lâché Hillary Clinton dans un éclat de rire après avoir appris la mort de Mouammar Kadhafi. Une scène captée par les caméras de CBS.
Il est rare que des caméras soient présentes pour immortaliser la réaction d'un personnage politique important apprenant la mort d'un "ennemi". C'est pourtant ce qu'il s'est produit, jeudi, quand Hillary Clinton, la secrétaire d'État des États-Unis, a découvert via son Blackberry la mort du dictateur libyen alors qu'elle s'apprêtait à donner une interview à la chaine américaine CBS.
"Wow", s'écrit Hillary Clinton, avant de préciser que l'information n'est pas confirmée.
Ce qui ne l'empêche pas de glisser ensuite une petite blague en paraphrasant le fameux "veni, vidi, vici" de Jules César : "Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort".
Le seul média français à avoir repris l'info est le site Atlantico, qui a plutôt mis en avant la première séquence (celle du "wow"), mais a également évoqué la seconde. Or, Atlantico a embeddé les vidéos de CBS, et on peut remarquer que la seconde n'était plus visionnable ce vendredi après-midi sur leur site. Ni disponible sur celui de CBS. Autocensure de la chaîne, ou demande de l'équipe d'Hillary Clinton ?
On pourrait comprendre qu'avec un peu de recul Hillary Clinton ne soit plus très fière de sa blague. Celle qui ambitionnait il n'y a pas si longtemps de s'installer à la Maison Blanche, et pas comme première dame cette fois, est tout de même secrétaire d'État des États-Unis. La dénomination de ce poste n'a l'air de rien comme ça, mais ce super ministre des Affaires Etrangères est le plus haut rang du cabinet. Quand un président américain démissionne, c'est à lui qu'il doit adresser sa lettre. Avant Hillary Clinton, Colin Powell et Condoleezza Rice se sont succédés à ce poste sous le règne de Bush fils.
L'humour d'Hillary passe d'autant plus mal que la polémique enfle sur les circonstances de la mort de Kadhafi, qui ne serait plus tombé au cours d'un combat mais aurait plutôt été lynché et abattu. Encore un dictateur/terroriste qui échappe à la justice. Ça fait un peu tâche pour nous autres représentants de la liberté et du droit international. Hillary ne le savait peut-être pas encore au moment de sa blague, mais ses détracteurs ne manqueront pas de commenter qu'on a vu là son vrai visage.
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