Les doutes idéologiques qui animent le parti socialiste, l'incapacité des les Verts à se faire entendre, l'impossibilité pour les souverainistes du MRC d'avoir tribune en dehors du PS, la généreuse perfusion socialiste sous laquelle sont déjà les Radicaux... Bref, la configuration actuelle de la gauche modérée pourrait favoriser la création d'un grand parti rassemblant les différents pôles sus-mentionnés. Une UMP de gauche en somme, réunissant ces trois sensibilités autour d'un pôle central socialiste. L'idée - qui circule dans l'entourage de Ségolène Royal - permettrait peut-être cette fameuse rénovation de la gauche en évitant le confusionisme politique à laquelle l'invite Daniel Cohn-Bendit : un pacte présidentiel acrobatique et peut-être suicidaire avec François Bayrou (lire l'article sur ce projet). Elle permettrait peut-être d'en finir avec certaines postures préjudiciables comme celle de Jean-Pierre Chevènement et de garantir des groupes parlementaires à chaque tendance ce qui serait bien plus profitable à un parti comme les Verts que la situation actuelle. Bien sûr si un tel parti existait aujourd'hui, le parti socialiste ne profiterait pas du temps de parole des formations alliées pour nourrir le feu anti-Sarkozy mais avec une gauche qui pèse 40 % au total la question est peut-être moins celle du ralliement de second tour que celle de la reconquête des électeurs perdus (notablement par les socialistes). Bien sûr l'usine à gaz qu'est l'UMP, dont la seule justification fut celle de créer une machine de guerre électorale peut refroidir les ardeurs. Mais il n'empêche qu'elle a réussi sa première mission en 2002 et qu'elle est un tremplin extraordinaire pour Nicolas Sarkozy. En prospérant sur les cendres à peine rougeoyantes d'un certain gaullisme en voie
d'extinction, l'UMP a surtout mis en lumière des courants libéraux-sociaux ou libéraux tout court. Elle a permis à la droite d'opérer sinon un renouvellement au moins un repositionnement qui lui permet de ne pas avoir honte d'elle-même et d'apparaître moderne. A cette gauche de gestion s'opposerait alors une frange plus radicale, la gauche antilibérale - et éclatée. Il est probable que les communistes imploseraient sous ce tiraillement et que ses membres partiraient soit d'un côté soit de l'autre ( oui oui je deviens de plus en plus spéculatif là...). Elle isolerait (définitivement ?) l'UDF qui n'aurait plus d'espace. On pourra objecter que la dernière aventure gauche plurielle s'est soldée assez misérablement mais je vous répondrais que si j'ai voté Vert au premier tour en 2002 c'était précisément pour rendre plus progressiste encore un gouvernement que je ne détestais pas (et hop ! début du coming out) et que je n'aurais pas commis la même erreur si une seule formation avait abrité les débats. L'autre problème est de favoriser encore et toujours le bipartisme. Alors, votre opinion ? Sur le forum : Vers une UMP de gauche ?
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida