
"Une injustice silencieuse et très répandue" : de quoi traite l'International Herald Tribune lorsqu'il publie ces mots ? De la discrimination envers les laids. Les moches, ceux pour qui on n'éprouve généralement rien d'autre que de la pitié, si ce n'est du dégoût. Les parias de notre société en recherche perpétuelle de beauté. Le journal international revient sur le fait que, pendant très longtemps, les laids sont restés dans leur coin. Mais aujourd'hui sociologues, écrivains, avocats et économistes s'intéressent à eux. Les mémoires s'accumulent dans les universités, surtout nord-américaines. On essaie de mesurer les discriminations dont ils souffrent, ce qui peut bien les définir. Et le prix à payer du "laidisme" (uglyism) ou de la "peine de normalité" (plainness penalty), en opposition à la "prime de beauté" (beauty premium). C'est en 1994 qu'on découvre dans une étude de l'American Economic Review que les moches, hommes ou femmes, touchent 5 à 10% de salaire en moins que les gens beaux. Pire, l'étude conclut que les femmes moins attirantes épousent des hommes moins riches. "Les gens qui sont physiquement plus attirants peuvent développer de meilleures compétences en communication, parce que depuis leur plus jeune âge, tous ceux qui prenaient soin d'eux ont toujours eu tendance à leur porter plus d'attention, en premier lieu leurs mères." Tanya Rosenblat a d'ailleurs écrit un livre sur ce thème : "Pourquoi la beauté compte". Autre sujet qui intéresse la Science : comment définir la laideur ? Les études universitaires font facilement des études sur les critères de beauté des personnes interrogées, peu sur ce qui définit la laideur aux yeux des populations. Dans un article sur la laideur qui sera publié dans Glimpses Journal, M. Synott pense que ce concept est un condensé d'attributs physiques désagréables, mais aussi psychologiques (les gens mauvais sont moches, c'est évident). Si la beauté est superficielle, la laideur ne l'est pas, malheureusement.