Simple et belle, la bibliothèque de Yann Sérandour utilise une matière graphique on ne peut plus familière, la tranche des livres, pour en faire une masse visuelle à la limite de l'abstraction. Un objet-web techniquement archaïque, mais qui est de ceux qui changent le quotidien en art, par un simple déplacement de point de vue. Ici, l'appauvrissement du sujet, associé à la disparition du lettrage, ne conserve que les bases de l'esthétique (la forme et la couleur). "Ma bibliothèque" traite ainsi les livres, non plus comme objets de connaissance, réservoirs d'idées et d'histoires, mais comme les composants négligeables d'une fresque pointilliste. Une oeuvre qui pourra se faire poser quelques questions aux défenseurs acharnés de l'objet-livre, parfois au détriment de ce qu'il contient.
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