Le parti socialiste qui cherche à retrouver un semblant de cohérence et d'unité n'est pas aidé dans sa tâche par le calendrier imposé de Nicolas Sarkozy. Le Chef de l'Etat aimerait faire ratifier par voie parlementaire le Traité constitutionnel avant la présidence française du second semestre 2008 ; et idéalement avant les municipales. Le président pense que le débat autour du Traité va déchirer les socialistes et ceux-là ne le démentent pas complètement. Même si la discorde n'est pas aussi patente que l'affirment les médias.
Les socialistes doivent se mettre d'accord sur deux points : voter oui ou non au Traité proprement dit, accepter ou non que la Constitution soit modifiée, seul moyen pour Nicolas Sarkozy d'éviter le referendum. Ségolène Royal estime qu'il faut voter oui et éviter le referendum. "A partir du moment où le peuple a refusé le précédent, il serait logique de le consulter à nouveau. Mais je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche. J'aurais préféré un texte avec moins de dérogations. Mais mieux vaut un compromis que rien", expliquait-elle à Libération.
Les partisans "classiques" du oui en 2005 comme Pierre Moscovici ou François Hollande répondent oui à la première option, non à la deuxième. Le referendum sur la question du Traité constitutionnel faisait partie du programme socialiste. Certains nonistes comme Vincent Peillon ou David Assouline les rejoignent estimant que refuser à nouveau un Traité n'a pas de sens dans la mesure où aucune négociation nouvelle ne suivrait un tel refus. L'Europe serait coincée cette fois définitivement.
Côté nonistes, Laurent Fabius fait du referendum une question préalable mais n'appelle pas aussi clairement qu'en 2005 à voter non. Jean-Luc Mélenchon et ses amis, suivis par les communistes, continuent sur la même ligne et pétitionnent pour exiger à la fois une consultation populaire et que celle-ci aboutisse à un nouveau rejet.
Le parti socialiste doit donc trouver d'ici le 06 novembre une position, l'abstention état toujours une option possible. Marianne explique ce matin qu'il y a peu de chances que le Traité puisse être adopté avant le printemps prochain, au regard du calendrier parlementaire. D'ici là, un autre événement aura peut-être réglé définitivement la question : la Grande-Bretagne de Gordon Brown. Le Premier minsitre britannique essaie d'éviter lui aussi un referendum camouflet en expliquant que le Traité est un simple réglement intérieur qui respecte l'insularité farouche de son pays. Margaret Thatcher et les conservateurs ruent dans les brancards pour expliquer que la pieuvre bruxelloise étend ses tentacules dans le dos des citoyens britanniques et exigent une consultation populaire. Si celle-ci a lieu sous la pression des Tories, le Traité de Lisbonne sera comme son infortuné prédecesseur un acte mort-né.
En débat sur le forum politique : Le traité européen doit-il être adopté par referendum ?
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida