
Royal s'impose. Pour ceux de ses amis qui ne l'auraient pas compris, elle reste le leader des wannabe au parti socialiste. Hier, elle n'a fait que rappeler quelques fondamentaux à Vincent Peillon, son ancien lieutenant.
Certes, Espoir à gauche était, à l'origine, un courant alternatif censé fédérer les soutiens de Ségolène Royal au sein d'un appareil qui lui était majoritairement hostile.
Mais qu'on ne méprenne pas : ce n'était pas faire de la politique autrement, mais faire la même chose avec des moyens différents. Royal a créé son courant et maintenant merci de rester dans le rang, ou dans "le troupeau" pour reprendre sa propre expression. Un troupeau de moutons, guidé par un éléphant. Car c'est ce que Royal est en train de devenir.
Et à quoi reconnait-on un éléphant du parti socialiste ? A sa capacité sans égale à empêcher ses enfants de faire carrière. Toute une génération de leaders aujourd'hui âgés de plus de 60 ans,truste toujours les principaux courants idéologiques. D'ailleurs ces courants portent généralement leur nom : on parle des Fabiusiens ou des Strauss-kahniens etc.
Derrière eux, les quadras du parti - quadras qui filent vers leur 50 ans - attendent un tour qui ne viendra peut-être jamais. manuel Valls, vincent peillon, arnaud montebourg, les enfants frustrés d'une dynastie dans laquelle les Anciens semblent ne vouloir mourir jamais, la génération sacrifiée d'un appareil socialiste qui donne l'impression de préférer voir tout sombrer plutôt que de laisser la descendance prendre la suite.
Les pères ne voulaient rien entendre, mais la mère aimante vient d'infliger un camouflet aussi méprisant à leur tentative d'émancipation. Royal qui déboule au meeting de Peillon, c'est un peu comme si votre mère débarquait avec ses amies en plein milieu de votre boum adolescente : bien sur la maison lui appartient mais Pitié, maman, laisse moi vivre mes expériences."Et bien non, la fête est finie, Ségolène siffle la fin de la récrée (Peillon organisait d'ailleurs un débat sur l'école) et demande qu'on parle correctement.
Vous trouvez qu'on exagère ? Critiquant la partie qui vient de se jouer et l'attitude de Royal, Valls s'est dit fatigué des "jeux de rôles insupportables." et aurelie filipetti a prôné le retour de la fessée au parti socialiste, les deux affichant bien l'atmosphère régressive qui y règne. Après avoir fait la leçon à l'Enfant terrible, Ségolène est repartie convaincre les foules. Elle a commencé sa campagne pour les Régionale dans les Deux-Sèvres. Dans un village qui s'appelle "La Crèche".
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida