Après les attaques nourries d'Eric Besson sur la dangerosité de la candidate socialiste susceptible d'entrainer de véritables catastrophes économiques, il convenait de riposter. Ségolène Royal explique donc aujourd'hui à l'hebdomadaire économique Challenges tout le bien qu'elle pense du libéralisme pour autant qu'il est régulé. Elle souhaite en finir avec l'idéologie punitive du profit, selon la formule qui fait les manchettes de la presse aujourd'hui. Elle explique à un parterre de chefs d'entreprises qu'elle n'a rien contre le fait qu'ils gagnent de l'argent et modère les propos "antiriches" de Hollande qui proposait de taxer davantage les revenus supérieurs à 4 000 € mensuels. "Il ne vous a pas échappé que ce n'est pas dans mon pacte présidentiel (...) 4.000 euros, cela n'est pas du tout la même chose si vous avez un logement à payer et des enfants, ou si vous êtes célibataire et propriétaire".
Royal parle également de la répartition des riches et du problème de l'équilibre des taxations travail/capital."Il vaudrait mieux que le travail soit moins taxé que le capital. Si on se plaint à la fois des cotisations sur le travail et l'ISF, où trouve-t-on les recettes pour financer le fonctionnement de la société?", résume -t-elle. Rien de rare ni de nouveau dans son discours qui tente de concilier de manière plus ou moins lisible justice sociale et efficacité économique. Le problème vient plutôt d'un timing de campagne assez maladroit : après les sorties sur la nation - elle en avait pourtant parlé il y a plusieurs mois - où elle embraya sur Nicolas Sarkozy, elle risque à nouveau de donner l'impression de marquer à la culotte le candidat UMP. De chercher à renforcer une dimension liberal-autoritaire qui semble être un peun un profil type dans cete campagne. En tout cas Sarkozy ne manquera pas d'ailleurs sans doute pas de le relever: "je suis content de voir repris mes idées sur l'entreprise et la richesse par les socialistes. mieux vaut tard que jamais", ou un truc du genre. Et sur le plan de l'agenda media il n'aura pas tout à fait tort.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse