
"Quiconque ne sait pas se taire est indigne de gouverner" disait Fénelon dans les aventures de Télémaque. Certains s'étonnent que le maire de Paris ne soit pas plus disert sur les grèves. Bertrand Delanoë est, comme Nicolas Sarkozy, conscient qu'il n'y a que des coups à prendre dans une telle crise dont il vaut mieux attendre l'issue. Les deux hommes, qui ont l'air de s'apprécier, partagent un ego démesuré, un habile sens de la communication et la foi totale en leur destinée. Et c'est pourquoi ils utilisent aujourd'hui la même stratégie.
Le président attend de pouvoir rebondir dans un contexte politique dégagé : il convient donc d'attendre non seulement que le conflit soit terminé mais que la dramaturgie médiatique ait besoin d'un nouvel événement. Pourquoi se risquer au frontal alors qu'on en est même pas encore à sacrifier une françois fillon ni même un xavier bertrand.
Le maire de Paris ne tient pas à voir son image associée à celle d'une ville paralysée, qui saurait l'en blâmer ? En plus, se risquer dans le débat finirait fatalement par voir arriver sur le tapis la douloureuse question du métro parisien, parent pauvre de la politique de développement des transports de la Ville de Paris. Qu'irait-il faire dans cette galère ?
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
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