
Ce n'est pas parce qu'on aime le cul qu'on est bourrin. La preuve en étymo, l'art de retrouver le sens des mots...
BAISER : verbe apparu au 12
esiècle pour désigner l'action d'embrasser (et si plus d'affinités ? et bien on disait « le fait »). On s'entrebaise volontiers, au 13
esiècle on invente le baisemain. Les grammairiens n'étant pas encore au point, on se retrouve avec des baisements ou des baisures. Dans certains dialectes de l'Ouest, on dit « biser », ce qui nous fait toujours claquer la bise aujourd'hui.
Mais attention, on ne badine pas avec le fin'amors : même s'il annonce la relation sexuelle, le baiser courtois peut aussi sceller un serment entre amants, genre Lancelot et Guenièvre. Et déjà s'annonce le rapprochement des corps
Ce n'est pas moi qui le dit, mais l'Orgueilleux de la Lande dans le Conte du Graal. Et il avait raison : au 19
esiècle, l'emploi courtois devient polisson, et « embrasser » remplace un baiser devenu obscène. On peut y voir une origine latine : les vulgaires employaient en effet « basiare » dans un sens érotique, alors que les classiques lui préféraient « osculari ».
Mais aujourd'hui, si vous proposez à votre douce amie de la baiser, plus que la remplir d'amour, vous pourriez bien lui coller la migraine. Il faudra alors lui baiser les pieds (la flatter bassement). Attention toutefois aux baisers de Judas, vu que personne n'aime se faire baiser la gueule et encore moins se faire enculer, mais nous y reviendrons une prochaine fois.
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