Le gouvernement Fillon réussit à peu près toutes les acrobaties qu'il s'était imposé : la parité y est respectée, sept femmes sur quinze ministres, même si parmi elles seule Michèle Alliot-Marie a accès à un gros portefeuille. L'ouverture au centre et à gauche est en revanche plus symbolique : Bernard Kouchner y joue l'alibi socialiste même si les secrétariats d'Etat pemettent de pallier l'absence de ministres "pleins". Jean-Pierre Jouyet, proche de François Hollande obtient le Secrétariat d'Etat (aux affaires européennes probablement et donc rattaché à Kouchner). Hubert Védrine, apparemment trop gourmand, ne devrait se voir finalement confier qu'une mission diplomatique.
Parmi les centristes qui se sont ralliés à Nicolas Sarkozy (avec le même enthousiasme qui les avait poussé à suivre François Bayrou il y a trois semaines) seul Hervé Morin, président du groupe UDF de l'Assemblée, est promu ministre de la Défense. Les anciens bayrouistes sont donc traités avec autant d'égard que les socialistes, ce qui de notre point de vue est une excellente chose. Maurice Leroy dont l'ambition ministérielle lasse parait-il jusqu'à ses amis n'héritera finalement pas de l'agriculture comme nous l'avions cru dans un premier temps.Philippe Douste-Blazy qui rêvait de la Défense n'aura pas vu son rêve exaucé.Finalement les sarkozystes ne s'en sortent pas si mal, Brice Hortefeux, Xavier Darcos, Xavier Bertrand, Rachida Dati ou Valérie Pécresse étant tous nommés. D'ailleurs l'ouverture du gouvernement est d'une audace mesurée : près de trois quarts des ministres ont exercé des fonctions à haute responsabilité dans les gouvernements d'Alain Juppé, de Jean-Pierre Raffarin ou Dominique de Villepin.En revanche, Patrick Devedjian, Jean-François Copé, devront se consoler comme ils peuvent. Le premier surveillera les troupes au secrétariat général de l'UMP, le second prendra probablement la tête du groupe UMP de l'assemblée nationale. Se consoler et patienter, les mauvaises langues assurant déjà que le gouvernement Fillon I comporte beaucoup de soldats qu'on n'hésitera pas beaucoup à sacrifier.
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Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida