
Une semaine après le pardon de Dakar, les excuses de Ségolène Royal à jose luis rodriguez zapatero pour des propos tenus mercredi dernier par Nicolas Sarkozy ont encore provoqué une vague d'indignation à droite. Mais la madonne du PS n'est cette fois pas suivie par ses petits camarades de gauche...
Mis en difficulté par le rejet de la Loi Création et Internet, l'UMP a trouvé une bonne occasion de se ressouder suite à la dernière polémique soulevée par Royal. Brice Hortefeux, Yves Jego, Frédéric Lefebvre, Christian Estrosi, Dominique Paillé ou Xavier Bertrand ont ainsi fustigé ces dernières jours l'ex-candidate PS à la présidentielle. Florilège :
- "Ségolène Royal est atteinte de palilalie, trouble de la parole dont souffrent les personnes répétant systématiquement le même mot." (Hortefeux)
- "Il y a quelques mois je disais que Ségolène Royal avait besoin d'une aide psychologique, honnêtement je ne me trompais pas." (Lefebvre)
- "Elle devrait comprendre combien elle se ridiculise et déshonore notre pays en se flagellant ainsi chaque semaine sur la scène internationale pour des fautes imaginaires." (Jégo)
Problème, si Benoît Hamon a dénoncé les attaques "machistes" émanant de la majorité, Ségolène Royal ne croule pas sous les soutiens de gauche depuis qu'elle a fait part, samedi, de la lettre d'excuse dont elle s'est fendue à l'attention du Premier Ministre espagnol. Les pontes du PS qui l'avaient défendue après Dakar se sont cette fois plutôt désolidarisés de sa prise de position. Pis, Jean-Marc Ayrault a reconnu que les propos de Sarkozy ("Zapatero n'est peut-être pas très intelligent") étaient "plutôt une prise à revers pour tacler les socialistes français", en l'occurrence Lionel Jospin. Jack Lang a lui critiqué ouvertement la sortie "démesurée, disproportionnée et surtout inadéquate" de la socialiste : "J'ai envie de dire à nos amis espagnols : excusez-la, pardonnez lui !"
En résumé, Royal est donc parvenue à redonner un semblant de cohésion à la droite, à s'isoler de nouveau au sein du PS, et à détourner les médias français des vraies polémiques suscitées par les commentaires de Nicolas Sarkozy (notamment sur Angela Merkel et Barack Obama) dans la presse internationale. Reste une question : arrivera-t-elle à se le pardonner ?
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco