Royal et Sarkozy : Tout à l'ego

21/06/2007 - 16h05
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Royal et Sarkozy : Tout à l'ego
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida
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Décidément Ségolène Royal est passée experte dans l'art d'esquiver sa responsabilité dans sa "non-victoire" (qui est à la défaite ce que la contre-vérité est au mensonge, c'est à dire une escroquerie rhétorique) du 06 mai dernier. A elle l'élan, le mouvement et l'ouverture, au parti les idées débiles, l'inertie de l'appareil et l'autisme à l'égard des militants. Le projet socialiste, qui contenait des propositions non crédibles aurait ainsi obéré ses chances de réussite. Le smic à 1500 € et la généralisation des 35 heures seraient deux des principales mesures boulets du programme. Propositions , fabiusiennes selon elle, qu'elle aurait été obligée d'intégrer dans son pacte présidentiel mais sans y croire. Au passage la hausse du SMIC était moins un problème de crédibilité - puisqu'on estime que ce seuil aurait été mécaniquement atteint en cinq ans - que celui du pur effet d'annonce auquel elle se résumait.

 

Mais l'essentiel est ailleurs. Ségolène Royal estime sans le dire que son succès est lié à sa seule personne et que tout le reste n'est qu'entrave entre elle et l'amour que les militants lui portent. Au reste elle n'a pas complètement tort : la différence entre le succès (et l'actuelle notoriété) de Nicolas Sarkozy et la circonspection que suscite déjà son gouvernement entérine l'idée que c'est le parti et son programme qui doit s'organiser autour du candidat et non l'inverse.

 

Nicolas Sarkozy l'a compris en parlant toujours à la première personne de tout, assumant toute la responsabilité et résumant certains échanges politiques à la manière dont il les avait vécu : on se souvient de sa conférence de presse après son entrevue avec Poutine où il s'était plus attardé sur ce qu'il ressentait plutôt que ce qu'il en était ressorti - il était alors ivre de lui-même ceci expliquant peut-être cela. Nicolas Sarkozy a souvent posé en victime - d'un système qu'il pourfendrait - et appuyé sur la dimension psychologique - son discours au soir de sa victoire était incroyablement narcissique. Royal parle vrai, est une femme libre, Sarkozy est un homme certes blessé mais volontaire - "Tout ce que j'ai promis de changer, je le changerai, tout ce que j'ai promis de réformer, je le réformerai".

 

Pour nos deux candidats, tout se ramène et se résume à leur seul ego : moyennant quoi une défaite collective peut devenir une victoire personnelle (Royal) et le succès d'un candidat n'entrainer que lui-même dans sa réussite (Sarkozy).

 

Cette "hyperprésidentialisation" qui concerne donc de la même manière les deux anciens adversaires suppose la transformation du rôle du parti. Ce n'est pas un hasard si François Hollande propose d'ailleurs qu'on inverse le calendrier habituel et que le candidat soit choisi avant le projet. Le secrétaire national prévoit aussi la création d'une UMP de gauche et pense au fond à une machine de guerre qui ne s'embarasse pas trop d'être un fourre-tout idéologique. L'outil idéal pour devenir un ou une hyper-président(e).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Daniel De Almeida

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