
Les deux outsiders de la présidentielle font donc un retour ces jours-ci. Ségolène Royal avec un ouvrage « » et François Bayrou à l'occasion d'un congrès s'achevant sur un plébiscite de république bananière : 97 % des adhérents présents on voté pour lui. Plus que jamais, les deux anciens candidats me semblent être des égocentriques notoires qui n'ont pas plus que Nicolas Sarkozy su mettre en place autre chose qu'un culte du chef. Les perdants d'un système de personnalisation qu'ils ont joué autant que le président.
Le Congrès du Mouvement democrate a plus que jamais plébiscité un homme et tout autant renseigné sur la faiblesse du programme. Toute nouvelle aventure politique suppose certes un temps de maturation avant de parvenir à la cohérence. Mais un an jour pour jour après sa candidature, François Bayrou et les siens n'ont toujours pas de cadre programmatique clair pas plus qu'une stratégie électorale lisible. On continue de se gausser du formidable engouement de la présidentielle qui ne restera que comme l'addition conjoncturelle de mécontents et d'indécis si on ne donne pas de contenu à la suite.
Après un titre digne d'une autobiographie de vedette en fin de parcours, Ségolène Royal évoque elle aussi dès l'intro de son livre ce formidable engouement populaire autour de sa candidature. D'après les bonnes feuilles et commentaires lus ici ou là, le texte ne semble pas sortir du registre émotionnel. Elle y parle d'un rendez-vous à venir, 2012, comme Bayrou affirme désormais etre entré en résistance, avant de revenir sur le devant de la scène politique comme un libérateur.

Les deux continuent de se voir comme des électrons libres ouvrant une nouvelle ère alors qu'ils incarnent une forme bien classique de la Cinquième République -; que Bayrou se prenne pour charles De Gaulle ce week-end à Villepinte est pour le coup très éclairant.
Le Béarnais a cru transcender les clivages politiques sur son propre nom et non par un programme et campe toujours sur ce choix, moyennant quoi il est mal placé pour critiquer l'uberprésidence Sarkozy.
Royal continue de magnifier sa défaite en maudissant les socialistes et nous apprend qu'elle aurait proposé le poste de Premier ministre au centriste. Dans le dos de son parti donc. Lui aurait accepté juste pour rire sachant qu'elle ne gagnerait jamais et trouva surtout matière à occuper encore un peu l'espace le temps d'un débat d'entre deux tours. Les deux prêts à tout pour exister encore un peu et poursuivre une fiction dont ils ont décidemment bien du mal à se défaire.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida