
L'actualité du monde arabe suggère deux manières de mettre en oeuvre une transition démocratique. A l'extrêmité est, côté iraquien, les choses se font de l'extérieur et ça donne ça. A l'extrêmité ouest, côté marocain, la réforme se fait de l'intérieur et ça donne ça.Il y a près d'un an, afin de faire la lumière sur les violations graves des droits de l'Homme survenues dans les geôles du régime depuis l'indépendance, l'Etat marocain a mis en place l'Instance Equité et Réconciliation (IER). Une version marocaine de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine qui avait permis de solder pacifiquement les comptes de l'apartheid, et par laquelle les anciens tortionnaires obtenaient l'amnistie en échange de l'aveu complet, sincère et public de leurs crimes.Mais il y a un hic au Maroc. Le roi actuel, Mohammed VI qui a succédé à Hassan II en 1999, revendique la continuité du règne et a hérité d'une bonne part de l'appareil sécuritaire mis en place par son père. Du coup, les anciens bourreaux marocains ne sont pas entendus par l'IER, et leurs victimes se sont engagées à ne pas révéler leurs noms.Alors... Commission vérité, ma non troppo ? Le travail mené par l'IER permet toutefois d'interroger le fonctionnement de l'Etat marocain dans de nombreux domaines, et peut-être à terme de le réformer en profondeur. Affaire à suivre...[illus. Couloir du tristement célèbre centre de détention de Derb Moulay Charif (Casablanca). Photo IER]
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