Rachida Dati reforme son équipe dans la joie

06/09/2007 - 17h56
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Rachida Dati reforme son équipe dans la joie

Halte aux préjugés ! Montres en or, slips en velours et mocassins en saumon, la droite décomplexée aurait mauvais goût et n'en aurait cure, voilà un odieux cliché qui colle au blazer de notre président. Si l'on devait ne retenir qu'une seule ostentation, ce devrait être bien plutôt le large sourire de cette nouvelle classe dirigeante, car la droite décomplexée, c'est surtout la droite de la grosse déconne.Ainsi la ministre de la Justice Rachida Dati a montré, lors de son passage dans Le Grand Journal de Canal+, qu'elle avait au moins autant d'humour qu'un philatéliste mormon en pleine crise d'asthme. Bon, être drôle à la télévision n'est pas forcément chose facile, et ce n'est pas à propos de Rachida Dati (dont il ne fait aucun doute qu'elle affectionne la franche rigolade entre amis) que nous nous étions mépris, mais à propos de ce grand sourire. Les dents apparentes sont en fait la marque d'une autorité newschool, qui s'affirme haut le menton et avec laquelle on ne transige pas.Pour preuve, la Garde des Sceaux a présenté hier sa nouvelle équipe, recomposée après le départ de sept de ses collaborateurs. "Il y a une ambiance menaçante, lourde, un climat de peur", raconte un ancien du cabinet. "Elle a une forme de brutalité qui inquiète, doublée parfois d'une confusion sur le fond des dossiers. Il faut que son entourage porte sans cesse ses défaillances et beaucoup ne l'ont pas supporté", explique un autre collaborateur. Des scènes de colère et d'humiliation sont évoquées.D'aucuns critiquent son autoritarisme, qui ne serait en fait qu'un "tempo" issu de la culture d'entreprise, et soutenu par Nicolas Sarkozy. Le directeur de cabinet de Mme Dati, Patrick Gérard, la défend également : "Son caractère autoritaire est un mythe. Elle est exigeante avec les autres comme avec elle-même", et "si le directeur n'a plus le droit de réformer un tiers de son équipe, ce n'est plus un directeur de cabinet", précise-t-il.La démission du chef de cabinet Michel Marquer, du conseiller technique pour l'organisation judiciaire et la magistrature Jacques Carrère et le limogeage de Valérie Bonnard, conseillère technique pour le dialogue social et les affaires budgétaires et administratives, imposait un remaniement. C'est chose faite, avec un nouveau cabinet de 18 membres dont François Guéant (fils du secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant), avocat de 32 ans nommé conseiller technique pour les droits des victimes.La ministre a par ailleurs suscité la colère des magistrats en se présentant comme la "chef des procureurs", qui "sont là pour appliquer la loi et une politique pénale". "La légitimité suprême, c'est celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité. Les magistrats rendent la justice au nom de cette légitimité suprême", a-t-elle déclaré."Une conception totalement monarchiste de la séparation des pouvoirs", selon Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats. "On ne rend pas la justice au nom de Nicolas Sarkozy, on rend la justice au nom du peuple français", a quant à elle rappelé Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature. "Nous nous exprimons en conscience, et pas comme les porte-parole d'une autorité supérieure", a expliqué le président de la Conférence des procureurs Joël Guitton, exprimant sa "préoccupation".

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