
Depuis la fin de l'année, tous les sites pour technophiles über-connectés se sont fendus de leur petite note de service louant les fonctionnalités de Quora, nouveau réseau social créé par Charlie Cheever et par l'ex-Facebook Adam d'Angelo.
Pour l'instant encore confidentiel, cet énième essai en la matière semble avoir compris des choses que ses concurrents directs ont l'air d'oublier, et c'est ce qui pourrait annoncer son ascension vertigineuse très prochainement.
En effet, Quora garde a priori les qualités intrinsèques du blogging "haut de gamme", sans les dénaturer, mais en rendant la chose bien plus simple à appréhender.
Le concept
Quora se détache d'une approche "self media" pour en rester au blogging dans sa plus pure essence, en stimulant la conversation avec son réseau par... des questions. Ça a l'air stupide, dit comme ça, mais rien de mieux qu'une interrogation sur une question pointue mobilisant des compétences pour que vous, jeune et brillant expert dans le domaine, faisiez part de votre avis, ou des infos que vous avez dans votre besace sur le sujet. On discute, on s'enrichit, rien de futile là dedans, le débat est ainsi lancé et la communauté s'auto-alimente en informations à forte valeur ajoutée.
Le principe étant de maintenir au maximum l'aspect qualitatif du système, Quora est encore accessible sur invitation uniquement, ce qui ne l'empêche pas d'avoir déjà récolté un demi-million d'utilisateurs depuis son lancement en 2009. Certes, comparé à Twitter, c'est peu (ne parlons même pas de Facebook), mais quoi qu'on en dise à propos de l'ascension fulgurante du petit piaf bleu, son stock d'inscrits ne s'est pas créé en un jour. Qu'en sera-t-il une fois les vannes ouvertes ? Le concept ambitieux de Quora suffira-t-il à repousser une prévisible "pollution" de questions niaises (et auxquelles notre ami du quotidien Google répondra sans problème), ou l'invasion sera-t-elle inévitable ?
Le nouveau visage du blogging
Se poser ce genre de questions, en soi, c'est déjà se prouver une chose : Quora, par son positionnement, ne veut pas de LOL dans ses contenus. Et c'est bien la première chose qui saute aux yeux lorsque l'on navigue sur le service, une fois son invitation fièrement acquise : si Twitter pouvait être un peu abscons au moment de l'inscription, on pouvait au moins saisir le potentiel divertissant et sympatoche de la chose. Pour le coup, que celui qui avoue se fendre la poire en surfant sur Quora lève la main et nous explique si on a raté quelque chose. Cette différence de "créneau", assez révélatrice du nouveau visage du blogging actuel (l'interaction avec une communauté plus restreinte, mais qui apporte plus d'intérêt éditorial qu'une horde d'amis ou de followers toujours croissante), fera probablement vivre Quora dans une sphère parallèle à Twitter et Facebook. L'oiseau y perdra probablement deux ou trois plumes, mais rien d'inquiétant.
Bon, d'ici 18 mois, ça sera traduit en français, on pourra enfin y trouver des communautés qui nous intéressent (on pourra donc poser des questions honteuses de webjournaliste à nos collègues atterrés), et Quora pourra peut-être devenir un outil de tri qualitatif de l'information par l'expertise très intéressant. De là à trouver cette usine à gaz sexy, on est pas sûrs, mais on aura pris de la bouteille d'ici là, alors qui sait...
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Par Mathias Riquier Follow @PencilKz
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