
La Fondation Nicolas Hulot (FNH) a annoncé lundi qu'elle quittait le Grenelle de l'Environnement suite au report sine die de la taxe carbone. Un constat d'échec pour le pacte écologique que l'animateur avait fait signer en 2007 aux principaux candidats, dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
"L'abandon pur et simple de la taxe carbone, alors qu'un processus de concertation était en cours, est symptomatique d'un net recul de la classe politique qui, à droite comme à gauche, n'a pas pris la mesure des enjeux écologiques, et les considère essentiellement comme une variable d'ajustement politique", explique la FNH dans une lettre ouverte.
Officiellement, le gouvernement assure ne pas abandonner la taxe carbone, préférant se concentrer sur sa mise en place au niveau européen. Ce qui rend son application plus qu'hypothétique. "L'idée d'avoir une taxe aux frontières de l'Union européenne est bonne, mais on sait très bien qu'avant de convaincre nos 26 partenaires, il va falloir beaucoup de temps, alors qu'il y a urgence", a d'ailleurs noté Alain Juppé sur France Info.
Concrètement, le pacte écologique de Nicolas Hulot n'aura donc qu'un effet marginal sur la politique gouvernementale. Sur les propositions de base du Comité de Veille Écologique, seule la création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable (confié à Jean-Louis Borloo) a vraiment été appliqué.
Pour rappel, les 5 mesures concrètes du Pacte Ecologique :
1. Création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable2. Instauration d'une taxe carbone en croissance régulière3. Réorientation des subventions agricoles vers une agriculture de qualité4. Systématisation des procédures de démocratie participative5. Mise en place d'une politique éducative et sensibilisatrice à l'écologie et au développement durable
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco