
Après l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle par la police new-yorkaise, (il aurait tenté de forcer une femme de chambre de 32 ans Nafissatou Diallo à des rapports sexuels), une autre affaire plus ancienne a ressurgi dans la journée.
La scène se passe en 2007. Alors qu'elle prépare un ouvrage autour du thème « la plus grosse erreur de votre vie », pour lequel elle interviewe différentes personnalités de la politique et des medias, la journaliste Tristane Banon répond à une demande de rendez-vous de DSK qu'elle a déjà rencontré. Elle se rend dans «un appartement vide, avec un magnétoscope, une télé, un lit au fond, des poutres apparentes ».
C'est là que Dominique Strauss-Kahn lui aurait fait subir un très mauvais moment, l'entraînant au sol.
La séquence est diffusée en 2007 par Paris Premiere dans l'émission 93 Faubourg Saint-Honoré de Thierry Ardisson. Etonnament, alors qu'elle évoque un cas d'agression caractérisée (il lui aurait arraché son soutien-gorge avant d'entreprendre de faire de même avec son pantalon) , tout le monde sur le plateau (on y trouve Roger Hanin ou Claude Askolovitch) semble d'humeur presque badine. Le cas DSK (dont le nom est systématiquement remplacé par un bip sonore) semble connu de tous.
Le correspondant bruxellois de Libération, Jean Quatremer avait écrit sur son blog au moment de la nomination de Dominique Straus Kahn à la tête du FMI : "Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France).
« J'ai été voir un avocat très connu sur la question, il avait une pile comme ça à son sujet , indique d'ailleurs dans cette vidéo Tristane Banon (qui ne portera finalement pas plainte, en accord avec sa mère qui regrette cette décision aujourd'hui).
L'idée que la vie sexuelle de Dominique Straus-Kahn puisse lui nuire n'est donc pas nouvelle. Marine Le Pen a beau jeu aujourd'hui d'indiquer que tout le monde politique est au courant, renforçant l'idée d'un tout petit monde connivent dans le mileu politique français.
« On a des photos elles existent »
En 2009, c'est un homme politique Frédéric Lefèbvre qui aurait fait une bien étrange révélation aux auteurs du livre Hold-up, arnaques et trahisons. Alors qu'on l'interroge sur une éventuelle candidature de DSK à la présidentielle de 2012, Lefèbvre aurait rétorqué : « Il ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français! ".
Bruno Roger-Petit avait alors posé la question de l'existence de telles photos et qui était en leur possession. Frédéric Lefèbvre nie avoir tenu de tels propos.
Mais que ces photos existent ou non, ceux qui voudraient en tirer un profit politique n'auront probablement pas à s'en servir ou à monter des manipulations acrobatiques : coupable ou innocent l'avenir présidentiel de Dominique Strauss-Kahn semble plutôt compromis quelle que soit l'issue de l'affaire new-yorkaise.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
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