
Alors que Francis Delattre s'est finalement excusé pour avoir accusé à tort Ali Soumaré, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a vite laissé tomber l'auto-flagellation en proposant de prendre deux mesures, pour qu'il y ait "un avant et un après Soumaré" (sic).
"Pas un candidat à une élection ne peut aller devant les citoyens sans rendre public son casier judiciaire", a-t-il affirmé, mercredi sur France Info. "A partir du moment, où on a été condamné pour des violences contre les personnes, il faut qu'il y ait la possibilité d'être rendu inéligible."
Et sanctionner ceux qui profèrent des dénonciations calomnieuses ? Ce n'est pas à l'ordre du jour. Frédéric Lefebvre préfère rappeler "qu'il y a deux conceptions de la sécurité dans notre pays" : "la majorité présidentielle qui a choisi comme tête de liste (Seine-Saint-Denis) un capitaine de police (Bruno Beschizza) issu de la diversité". Et "le PS qui a choisi quelqu'un qui a été condamné".
On peut toutefois se demander si s'être rendu coupable de violence contre des personnes à l'âge de 19 ans est plus grave qu'avoir été condamné, en tant qu'élu, dans des affaires de corruption, ou pour des propos racistes.
Nombre d'hommes politiques, à droite comme à gauche, trainent derrière eux des casseroles peu glorieuses et ont conservé la confiance de leur parti sans que le microcosme politico-médiatique ne s'en émeuve.
Il faut aussi s'interroger sur la question du droit à l'oubli et à la réhabilitation. Et stigmatiser ainsi un homme qui a payé sa dette, c'est faire passer le message - dangereux - qu'on ne peut tirer un trait sur son passé. Que la réinsertion des délinquants, enjeu majeur de toute démocratie, n'est qu'un leurre. Bref, un projet de société qui n'augure rien de bon.
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Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco