
Du latin populaire culus (les fesses), ce très gros mot débarque en France au 13e siècle pour désigner à la fois le derrière et le fond d'un objet. Le cul se crée très vite une sphère de dérivés : reculer (d'abord pour désigner la marche arrière des bêtes de somme), acculer (pousser le cul contre un obstacle), culer (frapper au cul... pour frapper dans le cul, on parlera plus volontiers d'enculer) au 15
esiècle, puis bascule, culbuter et culotte au 16
esiècle, bousculer fin 18
e, cucul au début du 20
equi devient... tutu pour « caleçon collant de danseuse », puis « jupe de danseuse ». On vous passe les cul-de-jatte, cul-de-sac et autres torche-cul, sinon on n'en sort pas !
Mais quand le cul devient-il vulgaire ? Et bien à l'époque bénie des sans-culotte, à la fin du 17
e. Auparavant, Montaigne l'employait sans pincettes. « ... au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sur notre cul... »
En anglais, même mouvement vers le vulgaire : arse ou ass est le mot commun pour les fesses, et ce n'est qu'au 18
esiècle que la bienséance (de séant, mot ô combien précieux pour désigner... le cul) lui préfère buttocks.
Aujourd'hui, le cul se porte bordé de nouilles, béni, sec, terreux, entre deux chaises... les dizaines de variations sont trop longues pour être énumérées, mais le cul reste une source intarissable... d'inspiration !
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