
Chris Dorosz appelle le résultat de son travail des sculptures, mais la frontière est ténue.Car son procédé unique se situe exactement dans le prolongement des nombreuses réflexions sur le support en peinture.Dans son cas, la toile disparaît, le cadre passe de deux à trois dimensions et les touches de peinture semblent flotter dans les airs, totalement libérées des contraignants supports traditionnels.
Techniquement, Dorosz utilise un quadrillage 3D fait de tubes transparents sur lesquels la peinture vient se fixer. Il y a donc bien un support dans ce travail, mais un support discret, qui s'efface idéalement quand on voit l'oeuvre dans son ensemble.Un travail pictural qui plaira aux adeptes de l'art numérique que nous sommes, puisque dans beaucoup de ces pièces, le canevas régulier dans lequel s'inscrit l'image est tout à fait comparable aux pixels de nos écrans, ce qui, à la réflexion, n'est en rien obligatoire.A voir aussi, sa série de portraits en pieds, étonnantes silhouettes imprécises que ce "pointillisme géant" rend aussi fantomatiques que familières.