
Si l'affrontement entre Martine Aubry et Ségolène Royal peut réserver son lot de surprises, deux choses sont déjà à retenir de la séquence : Bertrand Delanoë est le grand perdant de l'affaire et Benoit Hamon l'homme qui monte.
Avec près de 25 % chacun au premier tour, Martine Aubry et Bertrand Delanoë, "rapprochés" au moins dans leur front anti-Royal, possédaient sur le papier la majorité pour l'emporter. Au final, Aubry ferait 34,50 % au deuxième tour.
Si le report des voix de Delanoë est réel, comment expliquer qu'il ne fut pas massif ? Son soutien est-il apparu comme trop superficiel ? L'opération tout sauf Royal est-elle de plus en plus contre-productive ? Ce qui est sûr c'est que non seulement le maire de Paris n'a profité ni du Congrès, ni du vote des militants pour asseoir sa stature nationale mais qu'en plus, il ne convainc même pas ses propres troupes de le suivre dans ses accords. Son poids au sein du parti quel que soit l'issue du scrutin pourrait en patir.
Certes Delanoë permet à la maire de Lille de réduire l'écart et d'espérer une victoire. Mais si cela arrive, cela apparaitra surtout comme la victoire de...Benoît Hamon qui, arrivé troisième, encourage aussi Aubry. Plus de20 % des voix, 30 000 électeurs derrière lui, il devient l'émissaire de la nouvelle génération qui s'assure que les choses changent au sein de la structure et que le parti conserve son ancrage à gauche ( et qu'Henri Emmanuelli conserve quelque aura...)
Mathématiquement, Martine Aubry devrait donc l'emporter. Sauf si les miltants, décident au contraire de renforcer uun peu plus Royal, auquel cas outre le plébiscite de l'ancienne candidate à l'Elysée, le vote serait celui du désaveu profond de l'appareil socialiste et cloturerait sèchement l'ère joispini-hollandaise. Ce désaveu est déjà visible en chiffres : à peine 60 % des militants ont participé au rendez-vous le plus important de la vie du parti.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida