
Obama, président des USA, Obama premier président noir, Obama gagne l'élection... Comment faire pour être indexé sur Google avec ce type de requête avant et devant tout le monde alors que ça bastonne sec sur le web ? Plusieurs options sont possibles.
Le principe de précaution.Le choix le plus défendable dans la course à l'échalote est celui effectué par le Journal Chrétien qui ajoute un point d'interrogation à la formule. Avec pour résultat au moment où nous écrivons, une belle première place sur Google news (bravo les gars).
Un journal en ligne algérien a opté pour le même genre de stratégie en expliquant que Barack Obama était "presque" président avec de beaux résultats ( 7ème sur Google). Vous interrogez des sondages à haute voix et faites votre métier. Qui saurait vous en blamer ?
La contextualisation des termes.Si vous craignez que la ponctuation finale ou un terme limitatif obère vos espoirs et vous condamne à un opportunisme très laid et inutile, l'AFP est là pour vous aider. Hier l'agence de presse a publié une dépêche avec ce titre somme toute anodin." L'Amérique latine espère trouver un véritable interlocuteur en Obama". Les premiers termes du corps du texte sont pourtant plus percutants : La victoire présidentielle du démocrate américain Barack Obama (c'est nous qui soulignons) fait naître l'espoir etc.. La dépêche a été reprise par des dizaines de medias avec succès.
L'aventurismeSur un marché saturé, certains médias en ligne ont opté pour l'économie de niche : parier sur john McCain comme président est aussi risqué que méritant.
La Carlabrunisation.D'autres, plus prudents journalistiquement et habiles tactiquement, ont décidé de "Carlabruniser" leur contenu, sur le mode, j'aime beaucoup Barack Obama qui gagne mais j'aime aussi beaucoup Barack Obama qui ne gagne pas. C'est le cas du blog webchercheurs (sic..) qui n'hésite pas à proposer la victoire des deux candidats.(1,2)
L'énoncé performatif.Vous le dites, ça arrive. Certains intègrent carrément la possibilité de l'élection dans leur modèle éditorial. La technique, d'un opportunisme très sophistiqué, consiste à parier sur une actu à venir, en l'occurence "Barack Obama premier président noir", et à activer immédiatement le référencement par Google sur l'expression sus-mentionnée ( c'est ce que font les petits malins ci-dessous)

L'acquisition

Foin de précautions langagières et autres circonvolutions rhétoriques, certains y vont de leur poche. Ainsi de La Libre Belgique : le quotidien a carrément acheté l'expression "Obama président" pour être assuré de quelques retours sonnants et trébuchants. Toujours plus sérieux dans le traitement d'informations non confirmées, et financièrement responsable, Le Monde s'est également positionné sur "McCain président".
L'analyseSi vous n'avez ni thunes, ni sens de l'anticipation référentielle (mais que faites-vous sur le web ?) vous pouvez toujours vous lancer au dernier moment dans une analyse marathon des stratégies de vos camarades de jeux, en renforçant au maximum la densité du texte ( sur Barack Obama élu premier président noir des Etats-Unis le 05 novembre par exemple) et espérer que ça paie.
Conclusion

ps : Barack Obama est devenu le 44ème président des Etats-Unis avec plus de 300 grands électeurs recensés à 5h du matin le 05 novembre, heure française.La participation électorale a atteint des records avec plus de 135 millions d'électeurs mobilisés contre 120 millions en 2004.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida