"Nous devons toujours nous souvenir que l'usage de la force ne peut être envisagé (que quand) toutes les autres options sont épuisées. Je ne crois pas du tout que nous en soyons là".
C'est le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA), Mohamed ElBaradei qui s'exprimait devant la presse au premier jour de l'assemblée générale des 144 membres de l'AIEA. Après quelques jours de surenchère, va-t-on revenir vers plus de sérénité dans le dossier iranien ? (corollaire : vais-je passer mes vacances d'été 2008 à Sydney ou à Téhéran ?). Dimanche, Bernard Kouchner a indiqué qu'il allait s'attendre au pire, quelques jours après que le Chef de l'Etat Nicolas Sarkozy a résumé l'alternative," la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran ça c'est la catastrophe".La diplomatie française invite l'Union européenne a prendre des sanctions, alors que jusqu'ici l'ONU était le cadre exclusif des négociations. Un axe Washington/Londre/Paris est-il en train de se mettre en place ? Empêtrée dans le bourbier irakien, l'administration Bush utilise t-elle ses alliés (dont nous sommes désormais) comme porte-voix pour faire passer ses messages à Mahmoud Ahmadinejad ? Chinois et Russes l'accepteront-ils ?
Elbaradei prévoyait dans son plan d'accorder des concessions au régime de Téhéran envers lequel se multiplient les sanctions commerciales en échange de précisions sur son programme de nucléaire civil. Traité de contrôleur voyou par le Washington Post, le directeur de l'AEIA serait désormais en passe de devenir l'ultime médiateur dans les négociations. Espérons que la rhétorique guerrière des Français n'est là que pour rappeler à l'Iran la possibilité de représailles militaires et pas pour dire tout haut ce que tous les diplomates sauraient par ailleurs. "Dire qu'il faut se préparer au pire, c'est-à-dire à la guerre, signifie que le gouvernement, le président de la République ont des informations laissant penser que l'Iran va vers la bombe atomique nucléaire et que la négociation est aujourd'hui enlisée" a indiqué François Hollande demandant une intervention du président. Ca faisait longtemps qu'on avait pas été d'accord avec le leader socialiste.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida
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