L'über-président est partout, toujours aux côtés des victimes, et souvent pour leur annoncer une loi qui, si elle ne soulage pas leur peine, règlera le problème. Il y a quelques jours les familles des aides-soignantes assassinées à Pau en 2004 avaient donc droit à un projet révolutionnaire : le jugement des personnes irresponsables pénalement. Un léger dérapage, puisque le concept est juridiquement assez absurde, et moralement un peu douteux.Grimpant un peu plus haut sur l'échelle de la victimologie, Nicolas Sarkozy aurait dérapé sur le terrain glissant de la peine de mort. Au mois d'août il recevait Mustafa Kocakurt, le père du petit Enis enlevé et violé à Roubaix par Francis Evrard, pédophile condamné à trois reprises et sorti le 2 juillet de la prison de Caen. Interviewé par Karl Zéro, celui-ci raconte que le président de la République est, comme lui, favorable à la peine de mort pour les pédophiles, mais qu'il n'est pas seul à décider et a les mains liées. Sarkozy aurait aussi été d'accord pour des hôpitaux fermés et des castrations quand il était ministre de l'Intérieur, mais aurait été freiné. Le père de l'enfant ajoute que le président lui a promis d'utiliser son histoire comme tremplin pour faire passer ces propositions.L'Elysée a démenti de tels propos, et l'avocat de Mustafa Kocakurt les a nuancés. Impossible de savoir ce qui s'est réellement dit lors de cet entretien, nul doute en revanche que le buzz autour de la vidéo donne un sérieux coup de pouce à la nouvelle émission de Karl Zéro, qui commence à la fin du mois sur 13ème Rue.