Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?

05/11/2007 - 11h02
Municipales : le PS va t-il pratiquer la discrimination positive ?
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

La question de l'immigration et de l'intégration des enfants issus de l'immigration est toujours aussi problématique au parti socialiste. Le PS craint toujours qu'en évoquant les minorités ou la diversité il se laisse prendre au piège du communautaire, moyennant quoi il faut bien reconnaître qu'il n'a pas accouché depuis un bail d'un discours positif sur ce point.

 

Que le principal parti de la gauche modérée ne contienne dans ses rangs qu'une proportion grotesque d'élus issus des minorités est désolant. Faut-il rappeler que George- Pau Langevin, députée du vingtième arrondissement est la seule à l'Assemblée Nationale et qu'elle est guadeloupéenne. Une femme non métropolitaine en vaut bien dix surement.

 

D'ailleurs à ce propos, un intéressant documentaire sur la parité diffusé par Public Sénat dimanche, montrait à quel point Laurence Rossignol, présidente de la commission femmes aux élections du parti, avait le plus grand mal à faire exister la parité autrement qu'en une fumeuse escroquerie : une moitié de femmes dans chaque scrutin certes, mais envoyées dans des combats électoraux perdus d'avance. Le reportage montrait également une sincère évolution du parti depuis quelques mois.

 

A sa décharge, sur le plan de la parité comme sur celui de la visibilité des minorités, le parti socialiste essaie de placer des élus et non des nommés comme le fait la majorité avec les postes gouvernementaux de Rama Yade ou Rachida Dati, élues de nulle part et totalement "fabriquées" par Nicolas Sarkozy , quel que soit leur talent.

 

Pour les municipales, le parti socialiste pourrait donc imaginer une forme de discrimination positive. Bruno Le Roux, chargé des élections, a annoncé l'objectif de 300 conseillers municipaux. Fayçal Douhane, membre du conseil national expliquait vendredi au Figaro qu'une autre option plus ambitieuse serait de proscrire toute ligne "monocolore" dans les villes de plus de 10 000 habitants.

 

Certains tiquent de cette méthode de quotas qui nie aux personnes issues de l'immigration leur légitimité strictement politique et jetterait fatalement une suspicion sur leur qualité. Pour autant, sans une dose certes artificielle de diversité, les pratiques électorales dans les boutiques socialistes ne risquent pas de changer.

 

Pendant longtemps la parité a été pensée "négativement" par rapport aux hommes et les places qu' ils pourraient éventuellement libérer aux gonzesses.

 

La candidature de Ségolène Royal, quoi qu'on en pense, prouve que des critères strictes ont permis d'évoluer et qu'on pouvait penser positivement la question paritaire, en faisant la promotion de femmes talentueuses et non par défaut. Peut-être qu'il en ira de même pour la question de la diversité si le parti a le courage d'imposer des quotas, la discrimination positive devenant alors une véritable "affirmative action", comme on l'appelle aux Etats-Unis.

 

Par Daniel De Almeida

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