
Le concept d'élections dépolitisées est ridicule. La phrase de Nicolas Sarkozy prononcée ca matin lors d'une conférence de presse marathon est, pour le coup, assez juste. Qui niera que dans notre pays l'élection qui suit sanctionne aussi le pouvoir en place même si le scrutin est différent ? Difficile de pense que les élections régionales de 2004 n'ont pas permis à l'opinion de mettre une toise au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin plutôt que de récompenser la gestion génialissime des Régions par les socialistes. Pour faire bonne mesure, citons l'exemple des municipales de 1983 lors desquelles la droite avait engrangé les bénéfices du premier essoufflement mitterandien. Bref, la côte de popularité du président - et de son gouvernement - sera testée à grande échelle lors du scrutin c'est évident.
Ce phénomène de gratification/sanction se manifestant surtout dans les grandes villes, le président a envoyé une première pierre dans le jardin de Bertrand Delanoë, probablement le socialiste à abattre dans les prochaines années.
"La grande métropole que constitue l'agglomération parisienne doit être considérée dans sa globalité. L'agglomération parisienne forme un tout (...) "Cette réflexion ne doit pas être engagée d'abord sous l'angle des institutions, de la gouvernance, mais sous l'angle de l'urbanisme, de l'architecture, de la sociabilité, de la convivialité, de la qualité de vie, de la place de l'homme dans la ville (...)
"La situation de l'agglomération parisienne est devenue inacceptable. La dureté de la vie que l'on impose à un trop grand nombre de ses habitants, les coûts humains, écologiques, sociaux qu'engendrent ces dysfonctionnements ne sont pas supportables. Paris doit retrouver sa vitalité, son rayonnement, son attractivité, sa créativité. Paris doit redevenir pour le monde entier le symbole d'un art de vivre, de la plus belle ville du monde, que de nouveau elle étonne, elle fascine"
La réponse du maire de Paris ne s'est pas faite attendre :
"Depuis les premières annonces du chef de l'Etat sur le sujet, en juin dernier, aucune initiative, aucun contact n'a été engagé en direction des élus franciliens" (...)"Depuis 2001, nous avons mis un terme à plusieurs décennies d'ignorance et de mépris de la capitale à l'égard de ses voisins, et fait ainsi avancer, comme jamais auparavant le dialogue et le partenariat à l'échelle de l'agglomération"
Bienvenue dans les municipales 2008.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida