Municipales : Estrosi déjà maire de Nice (matin)

28/11/2007 - 12h52
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Municipales : Estrosi déjà maire de Nice (matin)
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida

 

Ce qu'il y a de bien avec les patrons de presse old-school c'est qu'ils ne s'embarrassent pas de précautions avec ces tarlouzes de journalistes. Le groupe Hersant media nous offre un bel exemple de cette gestion décomplexée avec Nice-Matin, comme le raconte ce matin Le Canard Enchaîné.Alors qu'à chaque rachat d'un titre à la dérive, tout le monde y va de sa charte et pousse des cris d'orfraie sur la déontologie, Hersant (dont le fondateur était le pape de la presse écrite dans les années 1980) nous rappelle que se faire vider les poches par des rédactions pléthoriques et pète-couilles doit avoir aussi quelque intérêt immédiat. Sinon, autant racheter Libé.

 

Quoi de mieux que la ville de Nice comme théâtre pour une telle démonstration ? Réponse : rien. Donc, Christian Estrosi, ci-devant ministre de l'Outre-Mer (où Hersant possède une myriade de journaux) est candidat à Nice face à l'inamovible Jacques Peyrat, 76 ballets au compteur et bien parti pour mourir sur son fauteuil de maire.

 

Les deux sont UMP mais seul Estrosi est évidemment soutenu par Nicolas Sarkozy et...Nice Matin, qui appartenait jusqu'ici à Lagardère mais que ce dernier a revendu avec tout son "Pôle sud" à Hersant .Revente soutenue haut et fort par un certain Christian Estrosi. Du coup Nice-Matin se lance dans une campagne éhontée pour le ministre candidat affirmant à la Une qu'aux Municipales, un seul tour pourrait suffire, Estrosi éclatant Peyrat d'un sans appel 51 % contre 14%.

Ce sondage, qui apprend également au lecteur niçois que 77 % de ses concitoyens pronostiquent la victoire d'Estrosi, a été directement commandé à la Sofres par le groupe Hersant et imposé à Nice Matin qui habituellement bosse avec l'institut Ipsos. Mais ça Hersant s'en tape et obtient même la publication d'un entretien avec le directeur de la Sofres où celui-ci n'en revient pas d'intentions de vote aussi mauvaises pour un maire en place. Le quotidien, manifestement pas vexé d'une telle intrusion, y va de son analyse :"Nice s'est transformée. Mais Nice ne veut plus de Jacques Peyrat".

 

Le meilleur comme le raconte le Canard est que techniquement le pôle sud auquel est rattaché Nice Matin appartient toujours à Lagardère tant que Bercy n'a pas donné son feu vert au rachat par Hersant. Comme quoi on peut concilier les bonnes vieilles méthodes des gestion et un sens très moderne de l'anticipation.

 

 

 

 

 

Par Daniel De Almeida

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