
Les logiciels de montage mettent aujourd'hui à disposition du grand public des effets autrefois réservés aux laboratoires professionnels.De même, les techniques d'infographie évoluant, et les machines devenant de plus en plus puissantes, à peu près n'importe qui peut maintenant, chez lui, concevoir des effets spéciaux aussi élaborés que ceux qu'on voyait dans les films à gros budget des années 80.L'art vidéo, toujours friand de ces trouvailles plastiques, s'est ainsi très largement appuyé sur ces nouvelles techniques, laissant un peu de côté ce qui faisait l'essence de la recherche expérimentale cinématographique : le montage.C'est la constatation du jeune vidéaste Wilem Loen, qui avec sa vidéo Difformism, entend revenir aux fondamentaux, à savoir du son, de l'image, et des interactions entre ces deux objets.Cette première production nous replonge donc dans les formes et les questionnements vieux de près d'un siècle, de ceux que le VGIK russe pouvait produire dans les années 20, par exemple, et que le cinéma expérimental argentique n'a cessé d'interroger.A l'heure où la conception audiovisuelle est devenue presque instinctive pour les jeunes générations, tombées dedans quand elles étaient petites, l'idée qu'il reste des artistes pour se pencher sur les rapports entre le fond et la forme de leurs projets apparaît, du coup, très encourageante pour l'avenir.