
Bonus, parachutes, stock options, toutes les formes de rémunération ponctuelles sont mises dans le même bain de la critique sociale.
En temps de crise, les salariés sont exaspérés de voir des sommes folles filer dans les poches de dirigeants dont les entreprises réclament parfois par ailleurs des deniers publics.
Tout cela est bien légitime mais les stock options n'ont rien à voir là-dedans, ils constituent probablement la forme de rémunération non salariale la plus saine en économie de marché.
Un salarié se voit attribuer par son employeur à tarif préférentiel des actions qu'il ne paiera que quand il les revendra. Généralement ce sont les salariés qui sont depuis plusieurs années dans l'entreprise et qui y exercent de fortes responsabilités. Associer une part de leur rémunération aux performances économiques de la société est une manière de les motiver.
Si la boite perd des parts de marché, voit sa marge opérationnelle fondre, ses actions perdront de la valeur et ceux qui bénéficient de stock options perdront de l'argent.
Cela n'a donc rien à voir avec bonus et autres parachutes qui sont décidés de manière plus arbitraire et pas forcément liés aux résultats et à la réussite du dirigeant qui touche le pactole. Les bonus impactent directement la trésorerie de l'entreprise, pas les stock options.
Il est étonnant de voir media et politiques les amalgamer.
Pourquoi François Hollande veut-il interdire les stock-options dans les grandes entreprises ? Alors qu'on devrait peut-être les généraliser car ils posent effectivement un problème de "justice sociale" : le problème n'est pas que certains en bénéficient, mais que tous n'en profitent pas. 80 % des entreprises du CAC 40 ont des plans de stock options mais 1 % des salariés seulement en bénéficient.
Le cas GDF Suez est typique : cette société - qui ne demande pas d'aide de l'Etat - a enregistré un bénéfice de 6,5 milliards d'euros l'an dernier et distribué des stock-option. La plupart des salariés n'en verront jamais la couleur.
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida