Mademoiselle Google et le 22 à Asnières...

14/03/2005 - 10h08
Mademoiselle Google et le 22 à Asnières...

Du temps de Fernand Reynaud il ne suffisait pas d'êtreabonné au téléphone pour parler auxautres abonnés. Il fallait d'abord s'en ouvrir aux demoiselles dutéléphonequi, de dispatching en dispatching,établissaient un circuit de votre combinéà celui de votre interlocuteur.Puis le progrès de l'automatisation a subitementdégradé l'ergonomie de l'établissementdes connexions. Les commutateurs ont pris les emplois de nosopératrices. Depuis vous êtes tenu deconnaître le numéro des abonnés pourles appeler. Reste bien sûr le service des renseignements,survivance économiquement prospère despremières années. Une sorte de systèmeURL qui assure la correspondance entre le nom d'un abonné etson numéro devra-t-on expliquer aux futuresgénérations internet !Accéder à des contenus équivautà établir un circuit entre votre terminal(ordinateur, assistant, téléphone, console dejeux, etc) et un serveur, le plus souvent à partir d'unnavigateur web. Une fois que tout est au point —équipement, connexion au réseau, configurationlogicielle — reste l'essentiel : l'accèsà l'information désirée : pertinente,utile, ou simplement satisfaisante.Notre aptitude à retrouver l'information qui nous conviennele mieux se dégrade à mesure qu'augmente la massede données numérisées disponibles enligne. Aussi simples soient les règles de formulation desrequêtes dans les moteurs de recherche, elles restenttoujours trop compliquées pour la majorité desutilisateurs, et induisent des sous-ensembles de résultatstrop artificiels pour répondre efficacement à nosattentes.Comme l'a souligné en son temps Vannevar Bush, l'esprithumain procède avant tout par associations. Mais il existeun fossé infranchissable entre l'association subtile deconcepts et les simples correspondances binaires de mots (voir deformes), les statistiques sur les occurrences de mots, oumême les meilleurs algorithmes heuristiques que pourra jamaisoffrir le meilleur des Google possibles.Le modèle des "moteurs de recherche" affiche d'ailleurs seslimites lorsque le plus populaire d'entre-eux se repositionnesur  sa communauté d'origine, trèsexigente en la matière : les chercheurs. Google Scholarn'indexe pas sauvagement en aveugle tout ce que ses robots parviennentà repérer sur le web. Chaque source d'articles etde contenus à indexer est sélectionnéepar un processus éditorial... "humain". Un peu àla manière d'un(e) bibliothécaire scientifiquequi choisirait les revues auquel abonner son centre de documentation,avec une préférence pour Natureau détriment de Gala par exemple.Un développement supplémentaire des services derecherche sera de pouvoir confier tout ou partie de la rechercheà des agents humains, ou de solliciterspontanément leur collaboration pendant la recherche : unesorte de retour des Weboiselles du téléphone...

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