
Nous avons beau ne pas être de la même génération, David Abiker et moi, je me suis reconnu dans son nouveau livre, Zizi the Kid. Il a grandi dans les années 70, entre Playboy, les salles de cinéma où Emmanuelle faisait salle comble, les slips kangourou et j'en passe. Choses qui étaient déjà passées de mode quand j'ai grandi dans les années 80. L'époque de Cocoricoboy, de Penthouse et des films érotiques sur M6 avait déjà balayé l'autre, pas si ancienne. Et pourtant, en terminant le livre, j'ai ressenti beaucoup de reconnaissance pour David Abiker. La reconnaissance d'avoir su parler aussi bien de mon enfance alors qu'il racontait la sienne. Son apprentissage de la sexualité ou plutôt, sa capacité à donner sa vision infantile du sexe, de la nudité et de tous ces petits détails incompréhensibles à cet âge-là, c'est finalement l'apprentissage que chacun connaît dans l'enfance. La première fois qu'on entend le mot "masturber", la première fois qu'on voit le sexe de l'Autre ou comme dant l'extrait, la première fois qu'on découvre une capote. David Abiker se replonge en enfance au point de redevenir enfant lui-même. Zizi the kid revit sous sa plume pour raconter le sexe de façon ingénue et naïve. Exercice difficile, tant notre vision du sexe, adultes que nous sommes, brouille celle que l'on a pu avoir alors qu'on mesurait trois pommes. Et l'on a aimé, le temps de la lecture d'un livre, revivre la douce sensation de ne rien connaître à la sexualité, la redécouvrir avec l'innocence du petit zizi. Zizi the Kid, David Abiker, 205 pages, 15€, éditions Robert Laffont