Les versets de Sarkozy à Rome

20/12/2007 - 18h52
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Les versets de Sarkozy à Rome
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida
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D'abord ceci : "On n'est pas prêtre à moitié, on l'est dans toutes les dimensions de la vie. Croyez bien qu'on n'est pas non plus président à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l'intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j'allais faire ce que j'ai fait. Je l'ai fait", a poursuivi le président.

 

"Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne".

 

Peu d'hommes peuvent se permettre - et oseraient d'ailleurs - passer du week-end people avec un ancien top model à la rhétorique mystique de l'homme transcendé par l'appel du destin en plein Vatican. Nicolas Sarkozy réalise le grand écart sans problème et va même jusqu'à réussir à parler de lui quand il rend hommage aux prêtres. Au-delà de l'aspect égocentrique on notera aussi que Nicolas Sarkozy continue par touches successives de dessiner les traits d'une nouvelle laïcité qu'il appelle "positive". Comprendre que le principe séculaire de séparation ne peut être le mode de relation entre les autorités religieuses et l'Etat.

 

Ensuite : "La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie des prêtres, n'ont pas rendu les Français plus heureux".

 

On pourrait rétorquer que la disparition des tonneliers ou des forgerons n'a pas non plus donné l'occasion au débouchage de champagne. Ou qu'une pratique ne se perpétue que si elle a du sens pour une communauté sans quoi elle devient du folklore. Mais on retiendra surtout que sous couvert de prise en compte de la religion pour favoriser le dialogue entre communautés le Chef de l'Etat promeut surtout un héritage catholique de la France, ce pays habillé d'" long manteau d'Eglises et de cathédrales".

 

Enfin : "Un homme qui croit, c'est un homme qui espère et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent" . Alleluia. L'intérêt de la République c'est qu'il n'y ait plus de ces athés cynique. Un homme qui croit c'est surtout quelqu'un qui à la différence du citoyen qui vote n'attend pas de confirmation ici bas des voeux qu'il entretient auprès du tout puissant. Malheureusement pour Sarkozy ce n'est pas le cas de ses électeurs.

 

Par Daniel De Almeida

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