
Leçon de séduction n°1 : le crime ne paie pas. Au lieu de vous lancer dans des mensonges inextricables, adaptez votre stratégie à la personne que vous convoitez. Evidemment, ce n'est possible qu'en faisant attention aux désirs de l'autre au lieu de parler à tort et à travers.Voici donc un contre-exemple intégralement véridique. Je remercie mon soupirant d'hier soir pour cette belle tranche de rigolade. 2 heures du mat', Bastille. J'ai beau être en rollers et prendre des chemins de traverse, le type me suit sur son vélo. Je l'ai repéré depuis cinq bonnes minutes - en fait, je commence à me demander si son objectif ne serait pas de me piquer mon sac.Décryptage à l'usage des garçons : si vous voulez draguer sans passer pour un pervers, ne faites pas ça. Suivre une fille dans la rue est sans doute le meilleur moyen de 1) vous faire griller, 2) lui faire peur. Si vous voulez commencer vos parades amoureuses, faites-le directement et sans attendre. - Hé, hé, mademoiselle, vous m'impressionnez beaucoup avec vos rollers, vous m'expliquez comment ça marche ?

Décryptage : 80% des mecs qui m'accostent utilisent mes rollers comme "point d'entrée" pour une discussion. Même si la technique n'est pas idiote, tentez quelque chose de plus original. - Ah oui mais vous savez, moi, je viens d'Allemagne, jaaa, je ne suis en France que depuis une semaine, je rentre à peine de Montréal, jaaa, et là-bas aussi les gens font du roller.Décryptage : ne mentez pas tant que vous ne savez pas qui vous avez en face de vous. Là, le mec manque vraiment de chance puisque s'il est bien un seul accent étranger que je maîtrise, c'est celui des (vrais) Allemands. - Les filles françaises, elles sont différentes des Québécoises, elles n'aiment pas qu'on les aborde dans la rue.Décryptage : manipulation grossière pour me faire dire que moi, je suis différente. Même pas en rêve ça marchera. - Il peut se passer des choses très belles dans la rue : la nièce de Carole Bouquet est une amie à moi et elle a rencontré son mari dans la rue, d'ailleurs, c'est un Sénégalais. Décryptage : tiens, mon relou du soir ne serait-il pas en train de s'excuser d'être noir ? Franchement les garçons : oubliez ça, et oubliez aussi le name-dropping. On s'en fout de qui vous connaissez, on s'intéresse à qui vous êtes.

- D'ailleurs je travaille dans les médias, je suis journaliste à M6.Décryptage : le type essaie vraiment de me faire rêver (ouaouuuu... M6, trop bien, tu connais Loana ?). Notez que s'il avait pris le temps de s'intéresser à moi, il aurait évité ce coup d'épée dans l'eau - en plus, entre journalistes parisiens, tout le monde se connaît un peu.- Et puis là je rentre de mon autre travail. Je suis dans la mode, je suis mannequin pour Gap, là je rentre d'un shooting, mais j'aime pas en parler.Décryptage : ha. ha. ha. - Tu es sûre que tu ne me connais pas ? Tu sais, j'ai été affiché sur tous les murs de Paris.

Décryptage : ah bon, je croyais qu'il n'était en France que depuis une semaine ? Cela dit, je suis fortement impressionnée : en trois minutes, le mec a fait à peu près tout ce qu'il ne faut pas faire.- Je m'appelle Brad. Et toi, tu fais quoi ?Je réponds.Et le mec se volatilise dans la nuit parisienne. Salut Brad !
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