
Philippe Séguin l'homme ombrageux, aux réparties cinglantes mais motivées.
L'homme aux convictions républicaines chevillées au corps, mais sans idéologie trop marquée, un peu de droite et un peu de gauche.Le "grizzly" cadre parfaitement avec la mythologie de l'homme politique à la française. Celle qui dit que ceux qui peuvent enfiler le costume d'homme d'état ont un profil autoritaire et social, le mythe du décideur sévère mais juste (Entre ici De Gaulle...).
Sauf que le costume, il ne l'enfilera jamais.C'est aussi pour cela que tout le monde l'adore (en attendant de canoniser Jospin): Respectable et respecté, Philippe Séguin n'a connu quasiment que des défaites sur le plan politique.
Maastricht, une « défaite victorieuse »
Sur Maastricht, Séguin sera le partisan officiel du "non", autorisé à débattre face à François Mitterrand du traité qui donna son cadre institutionnel à l'Union européenne.Séguin perd de peu, et cela en fait une grande victoire pour lui. Car les victoires politiques, Philippe Séguin en a peu connues.
Dans la foulée de Maastricht, il pourfend un monde désormais dominé par les marchés financiers et plaide pour un retour du politique...
Défaite face à Alain Juppé pour Matignon
... En vain. Dénonçant les orientations politiques libérales (un Munich social) de edouard Balladur, il travaille à la victoire du camp Chirac sans obtenir de succès personnel : En 1995, le chef de l'Etat choisit Alain Juppé comme Premier Ministre. Nouveau revers pour celui qui retourne présider l'Assemblée nationale.Deux ans plus tard, on compte sur un effet Séguin pour sauver la droite de la déconfiture mais c'est à nouveau peine perdue : la gauche inflige une défaite cinglante à la majorité.
RPR : réussir dans la défaite
Dans la défaite, Séguin brille : il dirige désormais le RPR, qui se divise au sujet de l'Europe et de l'intégration programmée de la monnaie unique.
L'homme n'a alors jamais été aussi prêt de devenir président de la République. Les chiraquiens l'en empêcheront.
1999, énième désaveu, il quitte la présidence du parti.
La bataille (perdue) de Paris
En 2001, baroud d'honneur, Séguin incarne moins les espoirs modérés de la droite pour la mairie de Paris qu'il n'écrit la chronique d'une défaite annoncée.
La suite on la connaît...
La Cour des Comptes
Finalement c'est à la Cour des compte que Philippe Séguin trouve un job à sa mesure : celui d'une vigie, un type droit et volontiers redresseur de torts, indépendant de l'Exécutif qu'il aura tancé une bonne partie de sa carrière.
D'ailleurs, en 2007, Sarkozy lui propose un ministère qu'il décline pour conserver la présidence de la Cour.
"Remporter cent victoires après cent batailles n'est pas le plus habile. Le plus habile consiste à vaincre sans combat", disait Sun-Tzu.
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Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida